TRIBUNE LIBRE : Vivre avec le Covid19 !


Depuis l’apparition du virus, le monde est sens dessus dessous, face à un nouvel élément du monde vivant, les dirigeants de nos pays se sont retrouvés démunis devant ce défi biologique et ont opté pour la maîtrise des flux des populations, la mise en place des gestes barrières et la désinfection de toutes les surfaces en contact avec les gens. Réaction visant à rassurer les populations quand à la réactivité et capacité de prise en charge de nos élites dirigeantes évitant ainsi une panique générale. Maintenant que le pic épidémique est derrière nous, comment envisageons nous la suite ?

Nombre de scientifiques et d’observateurs sont d’accord sur le fait que ce virus est très révélateur des dysfonctionnements de notre société libérale mondialisée et son incapacité à s’inscrire dans une coévolution avec le monde vivant qui nous entoure.

Les causes de l’origine de l’apparition de ce virus ainsi que des prochains sont probablement multi-factorielles mais la perte de la biodiversité, la déforestation et le réchauffement climatique en sont des facteurs aggravants. La qualité de l’air, les diverses pollutions chimiques et toxiques, la malbouffe, les modes de vie et la perte de contact avec la nature accentuent la fragilisation des populations, notamment des plus pauvres face à la virulence du virus. Les échanges massifs de produits agricoles et manufacturés, le dogme de la concurrence libre et non faussée qui délocalise des choses aussi essentielles que l’alimentation et les médicaments, la vision court-termiste aussi bien économique que politique sont des choix fait par nos gouvernements successifs qui n’ont fait qu’accélérer la propagation de ce virus.

Voilà plus de 30 ans que la Confédération Paysanne dénonce ce système capitaliste et cette industrialisation de la société totalement déconnectés du vivant et de la nature. 30 ans que la Confédération Paysanne prône une agriculture paysanne qui s’inscrit dans son écosystème naturel en respectant l’humain et son environnement.

L’exemple du lait cru illustre bien ce qui se joue dans cette crise du coronavirus. Il est reconnu par les scientifiques que la consommation de lait cru chez les enfants de moins de 5 ans participe à la construction du système immunitaire et notamment sa capacité à réagir aux agressions extérieures car la présence d’éléments vivants et faiblement pathogènes stimule les défenses immunitaires et entraîne l’organisme. Cependant dans de très rares cas et comme pour tous les produits alimentaires, les humains (enfants et adultes) peuvent être infectés par une bactérie et même mourir.

Faut-il pour autant interdire le lait cru aux enfants de moins de 5 ans ? et rendre toute une génération incapable de se défendre face à l’évolution du vivant dans la nature ?

Quand on voit la façon dont nos dirigeants gèrent la crise actuelle, on est en droit de se poser des questions :

La désinfection systématique des surfaces, l’usage intensif de gel hydroalcoolique vont-ils contribuer à nous fragiliser encore plus et laisser la place libre à des éléments pathogènes encore plus virulents ?

Devons-nous nous confronter dès le plus jeune âge à la nature et se préserver des pollutions chimiques afin d’aguerrir notre système immunitaire ?

Devons nous avoir accès à une alimentation de qualité ?

Devons nous freiner notre pollution de l’air et nos rejets de gaz à effet de serre ?

Devons nous stopper les accords de libre-échange et la consommation des produits qui contribuent à la déforestation ?

Depuis bien longtemps la Confédération Paysanne met en avant des propositions qui répondent à ces enjeux, qui ne demandent qu’à être comprises et mises en place.

A cette problématique biologique, s’ajoute une problématique idéologique, sur le même principe qu’énoncé plus haut : le confinement, la fermeture des frontières, l‘isolement des populations et les gestes barrières dans un climat de peur où l’autre est possiblement contaminant fait ressurgir des comportements de haine et d’intolérance inacceptables. Après le COVID 19, la peste brune ?

Nous refusons la fatalité et nous nous engageons aux cotés de toutes celles et ceux qui veulent un avenir plus juste, plus humain où chacun.e puisse vivre dignement !

Le comité régional de la Confédération Paysanne Auvergne-Rhône-Alpes

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