Traitons les plants de vigne à l’eau chaude pour lutter contre la flavescence dorée

Pétition en ligne à signer ICI.

Madame, Monsieur,

Malgré la crise du Covid-19 en cours, nos vignes continuent de pousser. Cependant, nous constatons qu’en tant que viticulteur.trice.s et vigneron.ne.s de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, nous sommes attaqués de plein fouet par la flavescence dorée.

Il devient urgent de repenser la solidité agronomique et financière de nos vignes. Nous ne pouvons pas continuer de traiter puis d’arracher et enfin de replanter des vignes tous les ans. Nous considérons qu’il est donc essentiel que collectivement nous prenions en main la lutte contre la flavescence dorée à la racine. Cela n’est possible que d’une seule façon : le traitement des plants à l’eau chaude.

Nous connaissons pertinemment les réticences des pépiniéristes et d’une certaine partie de la filière car le coût est plus important. Sauf qu’aujourd’hui, nous voyons bien que nous n’avons plus le choix. Nous demandons donc que l’ensemble de la filière viticole de notre Région s’impose le traitement des plants à l’eau chaude. Pour cela, nous insistons auprès de tous les acteurs professionnels et politiques pour que cette transition soit possible, accompagnée et structurée. Il est hors de question de laisser les pépiniéristes se débrouiller seuls (dans le Sud-Ouest, ils sont accompagnés et soutenus par la Région) tout comme il est impensable de ne pas solliciter l’aide des appellations (Cornas, Clairette de Die) ayant déjà mis en place ces procédures. D’ailleurs, la Bourgogne s’est engagée dans cette voie avec une diminution de la pression sanitaire. Nous vous demandons donc de bien vouloir faire de la région Auvergne-Rhône-Alpes une région pilote dans la lutte contre la flavescence dorée.

Les citoyen.ne.s ont aussi leur mot à dire sur le sujet car actuellement la seule lutte obligatoire est le traitement obligatoire des vignobles impactés par des insecticides de synthèse en conventionnel ou naturels en bio. Cependant même en bio, les insecticides retenus sont à spectre large ce qui impacte grandement la faune auxiliaire.

Nous avons donc un objectif qui nous paraît simple et de bon sens : protéger le vigneron, la vigne et les riverains. Nous croyons sincèrement à une évolution des pratiques et nous nous appliquerons à pousser en ce sens dans toutes les instances où nous pouvons le faire. Nous trouvons que l’éradication des cicadelles est illusoire : nous ne pourrons jamais tout tuer, surtout que l’on sait aujourd’hui qu’il n’y a pas que le scaphoïdeus qui est porteur et transmetteur de la flavescence dorée. Nous sommes prêt à réfléchir à d’autres moyens de lutte tel que l’incitation des vignerons à des prospections volontaires et précoces (dès le mois de juillet) et arrachage de toutes souches présentant des symptômes douteux.

Nous comptons sur les vigneron.ne.s pour faire pression au sein de leur syndicat d’appellation.

Nous comptons sur les citoyen.ne.s pour faire pression auprès de leurs élus locaux et régionaux.

Nous comptons sur nos responsables politiques et sanitaires pour qu’ils agissent enfin dans la bonne direction en accompagnant tous et toutes vers une résolution de cette maladie.

Les vigneron.ne.s et viticulteur.trice.s de la Confédération Paysanne Auvergne-Rhône-Alpes.

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