Thomas, jeune paysan en démarche vers une autonomie globale

Avant de s’installer en agriculture, Thomas a emprunté une autre voie. En l’occurrence, celle du domaine paramédical. Il s’est ensuite forgé une première expérience agricole en travaillant un an sur l’exploitation de ses parents.

Cette expérience a suscité chez lui de la curiosité et surtout l’envie d’aller plus loin, en créant sa propre activité agricole. Il commence alors par suivre un BTSA Analyse et Conduite de Système d’Exploitation au lycée agricole de Neuvy. Puis il enchaine par 7 mois de parcours à l’installation. Enfin, en mars 2016, il s’installe sur la ferme de la Chaume appartenant à son oncle qui l’exploitait depuis de nombreuses années en cultures céréalières.

Une forte volonté d’autonomie

Thomas fait dès le départ le choix de l’Agriculture Biologique, qui correspond à ses valeurs et à sa façon de concevoir son métier. Il valorise 57 hectares de terres, sur lesquels il élève 25 vaches de race Aubrac, toutes les suites (génisses, bœufs…) sont engraissées par ses soins jusqu’à l’âge de 3 ans en semi-plein air. Il pratique le pâturage tournant sur une parcelle de 18 hectares qu’il a découpé en morceaux d’un hectare et sur lesquels les vaches tournent toute l’année. Cette méthode comporte de nombreux avantages puisqu’elle permet de limiter le parasitisme, de faire des économies d’herbes et d’apporter davantage de matière organique. Le choix de la race Aubrac n’est pas non plus un hasard. Sa rusticité lui permet de rester en concordance avec ses autres pratiques, les vêlages se passent bien et les veaux sont autonomes très rapidement. Pour preuve, la prophylaxie obligatoire est l’un des rares frais vétérinaires. Concernant la commercialisation, Thomas traite avec l’UNEBIO et emmène ses animaux lui-même à l’abattoir de Puygrenier à Montluçon.

Un sol vivant, c’est la clé d’une Agriculture Biologique réussie

À son installation, Thomas commande une analyse de sol. Les résultats n’étaient pas franchement encourageants : un sol pauvre ayant un Ph de 5.3, très compact, hétérogène avec seulement 1% de matière organique. Pour y remédier, il réimplantera la totalité de la surface en prairies multi-espèces afin de ramener de la biodiversité et de restructurer le sol. Il effectuera une nouvelle analyse d’ici deux ans pour constater les évolutions. Cependant Thomas observe d’ores et déjà des améliorations : les sols sont moins compactés, se drainent plus facilement, et se réchauffent plus vite au printemps. De plus, ces prairies ont résisté environ 4 semaines supplémentaires à la sècheresse. Tous ces résultats l’encouragent nettement à persévérer dans ses recherches. Le travail du sol a disparu au profit du semis direct et semis direct sous couvert. De nombreuses recherches en la matière sont mises en place, notamment dans le sursemis de prairies avec des méteils et céréales pures.

Et l’engagement politique ?

« La Confédération paysanne est un syndicat qui se préoccupe de l’avenir sur le long terme et qui a pleine conscience du système agricole et alimentaire dans leur globalité. C’est un syndicat capable de prendre en compte les conditions de chaque composante, la qualité de vie et le bien-être des paysans ; la qualité de l’alimentation des consommateurs et les besoins qu’ils expriment ; les filières ; et surtout l’environnement. Je pense que la Confédération Paysanne est le véritable garde-fou de l’alimentation » conclut Thomas.

La Ferme en Bref

  • 1 UTH

Assolement

  • SAU 57 ha en fermage dont :
  • 4 ha de méteil (Triticale, avoine, orge, pois, vesce)
  • 7 ha de prairies permanentes
  • 46 ha de prairie temporaire (3 ray grass, trèfles violets, trèfles blancs, fétuques, fléoles)

Données économiques

  • DPU + aides bio : 25 680 €
  • E.B.E. : 65 000€
  • Prélèvements privés : 12 000€