Saisir des opportunités pour plus de valeur ajoutée

Sylvain, le papa, et Rémi, le fils, sont maraîchers et paysans-boulangers en Agriculture biologique à Saint-Georges-d’Espéranche. Ils vivent de leur métier, malgré les volumes horaires importants, et sont heureux d’être paysans !

« Alors nous, nous sommes passés par presque toutes les productions ! » indique Sylvain. « En 1970, mes parents avaient des vaches laitières, ils étaient naisseurs-engraisseurs en cochons, et ils vendaient au détail l’hiver aux particuliers, et l’été aux grossistes. »
La vente directe et la vente en gros sont depuis le début partie intégrante de la ferme, dans des productions différentes : « Quand je me suis installé en Gaec avec ma maman en 1987, nous avons décidé de faire du poulet dès 1988. Puis, lors de sa pré-retraite, mes deux sœurs sont arrivées dans le Gaec, et nous nous sommes mis à cultiver 1 hectare de tomates, des poireaux et des pommes de terre, toujours pour de la vente en gros. », raconte Sylvain.

100% vente directe

Sylvain poursuit : « En 1992, la grève des routiers ne nous permettait pas de livrer les légumes au Marché-gare de Lyon. Alors nous sommes allés sur plusieurs marchés. Et là, nous avons vu que nous valorisions mieux nos légumes ! »
Le tournant est pris. En 1995, la vente des légumes se fait à 100% sur les marchés. En 1998, la ferme passe en bio, et les livraisons de 200 paniers à domicile rencontrent un grand succès. En 2000, Sylvain et ses sœurs débutent les ventes à la ferme.

Évolutions de la ferme

Sylvain, Véronique et Martine cultivent des légumes, des lentilles, et ont abandonné les ateliers de la production animale. Roger, le mari de Martine, rejoint le Gaec en 2005 et se met à transformer la production de blé, qui était vendue en gros, en farine, à la coopérative. Il se lance dans la fabrication du pain.
La ferme prend sa forme actuelle lors du départ de Roger à la retraite en 2015, l’arrivée de Rémi la même année, et le départ de Véronique et Martine en 2016. Odile, l’épouse de Sylvain, est salariée à temps plein et s’occupe principalement de l’atelier boulange. A présent, le maraîchage diversifié, les lentilles et les céréales (blé, seigle, sarrasin) constituent les productions de la ferme En plus de la vente à la ferme, de la farine et des lentilles sont vendues à plusieurs Biocoop.

Et demain ?

« Je vais renouveler petit à petit les serres pour avoir une meilleure gestion climatique de l’espace », confie Rémi. Il poursuit « Et nous souhaiterions pouvoir cultiver davantage de légumineuses, et pouvoir mettre à disposition nos terres l’hiver pour un berger et ses brebis. Cela permettrait d’entretenir les champs, de les fertiliser et de travailler avec un nouveau paysan ! »
« Et nous sommes de plus en plus à être en bio par ici. Alors pour faire connaître nos pratiques et arrêter les clivages en agriculture, nous aimerions créer un groupe local, avec une vraie dynamique et des actions concrètes », explique Sylvain. Après une première formation réalisée par la Conf’ et le ReAct chez eux fin novembre, avec d’autres paysans, tout semble bien amorcé !

La Ferme en Bref

Données technico-économiques

  • salaire des associés : 1100 € net par mois chacun
  • 11000 € de primes « légumes et céréales »
  • 6000 € d’aide au maintien en bio
  • chiffre d’affaires total : 130000 € dont 88000 € en vente directe
  • EBE :84000 €

Activité

  • 130 pains par semaine
  • 70 variétés de légumes
  • une vingtaine de variétés de blés en mélange

Assolement

  • 41 ha au total, comprenant :
  • 3 ha  de légumes de saisons (dont 3000m2 de serre)
  • 8 ha de lentilles
  • 14 ha de blé
  • 4 ha de seigle
  • 6 ha de sarrasin
  • 1 ha de légumes sec et mais popcorn
  • 5 ha de trèfle et luzerne