SESSION PLÉNIÈRE DE LA CHAMBRE D’AGRICULTURE AUVERGNE-RHÔNE-ALPES ; QUOI DE NEUF ?

La Chambre d’agriculture régionale s’est réunie hier, mardi 24 novembre, afin de préparer l’année 2021 et revenir sur les difficultés de cette année. Parmi les sujets à l’ordre du jour, nous relevons avec satisfaction que nos deux propositions de motion ont été approuvées ! La première porte sur l’arrêt à la fois de la production de pesticides illégaux dans l’UE et de l’importation des denrées alimentaires traités avec ces pesticides. La seconde traite de l’usurpation du terme fermier par les industries agro-alimentaires. Nous souhaitons aussi que le débat sur le plan de relance sorte de l’espace confiné de l’entre-soi administratif et consulaire…

Stopper la production de produits phytosanitaires interdits en Europe et l’importation des denrées alimentaires traités avec ces pesticides.

Notre motion intitulée «  Pesticides exportées, Alimentation importée » a été votée à une courte majorité. Nous défendons dans ce texte la nécessité de stopper la production et la vente de produits phytosanitaires interdits en Europe et exportés. En parallèle, nous demandons l’interdiction de l’importation des produits alimentaires traités avec les phytosanitaires « illégaux » exportés. Nous sommes donc heureux que l’ensemble de la Profession agricole souhaite porter le sujet auprès des diverses instances à nos côtés.

Mettre fin à l’usurpation du terme « fermier »

C’’est quasiment à l’unanimité que nous avons voté une motion visant à rappeler l’importance de défendre le terme « fermier » contre son usurpation par des entreprises agroalimentaires comme « les nouveaux fermiers ». Nous avons aussi profité de cette motion pour rappeler l’illégalité de l’emploi des mots « steak, nugget, aiguillettes » pour parler de produits d’origine végétale. La Chambre régionale d’agriculture s’engage aux cotés des syndicats et interprofessions dans leurs plaintes au tribunal.

Ouvrir à la discussion un plan de relance qui en l’état semble privilégier les pulvérisateurs high tech plutôt que les hommes/femmes et leurs projets.

En effet, outre des mesures d’accompagnement d’urgence qui sont nécessaires en cette période, la plus grande partie du plan consiste à soutenir un endettement futur du monde agricole. L’investissement en matériel y est privilégié au dépend de l’investissement sur l’humain. Cette logique jusqu’au-boutiste de la croyance en une croissance future qui « rattraperait » une année 2020 compliquée ne fait pas de sens pour nous. L’absence d’ambition sur l’accompagnement à l’installation agricole dans les mesures du plan de relance sont inacceptables. Malheureusement, on peut dire que ce plan de relance vise essentiellement à soutenir un modèle agricole économiquement moribond et environnementalement discutable.

Si nous accueillons favorablement les quelques lignes financières qui pourraient soutenir les projets d’abattoirs mobiles ou qui viendront abonder les plans alimentaires territoriaux permettant ainsi d’accompagner localement des projets des collectivités pour favoriser l’approvisionnement en local, le compte n’y est pas. A la Confédération Paysanne, nous attendions un réel plan de relance contribuant à opérer la transition du système agricole actuel pour installer massivement des paysan.ne.s, faire face au défi climatique et permettre un accès à une alimentation de qualité pour tout un chacun.

Encore une fois, nous restons présent.e.s et vigilant.e.s dans ces instances consulaires pour porter haut et fort un autre discours et une autre vision du monde agricole pour peser dans les politiques publiques !

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