Sécheresse (« canta-loups »), aides PAC et loup au menu

Une délégation de la Confédération paysanne du Cantal (Stéphane Malroux, Denis Brugière et Michel Champeil) a rencontré le nouveau Directeur de la DDT, Mario Charrière, pour aborder plusieurs problématiques de l’actualité agricole.

Tout d’abord, en cette année de sécheresse,

la Conf a tenu à informer le nouveau titulaire des antécédents de versement partisan des aides sécheresse dans le Cantal (en 2003 et 2011), en faveur des adhérents et des cadres de la FDSEA (les fameux « canta-loups » !). Concernant les enquêtes de terrain, planifiées par la Chambre (en présence de 6 paysans de la Conf ; contrairement à ce qu’on a pu lire dans l’Union, la FDSEA n’était pas seule), il a été question des convocations qui nous arrivent 1 à 2 jours avant, aurait-on envie de nous écarter ???

D’autre part, la Conf a dénoncé les retards de versement des aides PAC.

Ils touchent, tout d’abord, les paysans soumis à un contrôle (sur les surfaces proratisées notamment), de manière incompréhensible puisque l’acompte d’octobre aurait pu leur être versé et la régularisation se faire sur le solde de décembre. Ces retards concernent également les aides Bio et MAEC systématiquement versées après les autres depuis des années. Leur paiement est – pour le moment – annoncé pour mars 2019. Pour l’administration, le rattrapage est en train de se faire et on est de plus en plus proche d’un calendrier normal. La DDT propose, par ailleurs, de délivrer des attestations des paiements à réaliser pour les paysans nécessitant des prêts court-terme. Mais pourquoi est-ce toujours aux mêmes d’attendre ?

Depuis cet été, les loups multiplient les attaques dans les monts du Cantal

(pas de présence du loup avérée en Châtaigneraie). Fin octobre, Denis Brugière, éleveur de moutons à Collandres, a subi deux attaques sur sa ferme en l’espace de 4 jours. Le bilan : 12 bêtes tuées (dont deux dévorées), un troupeau traumatisé et beaucoup d’incertitudes quant à la pérennisation de l’exploitation que Denis pensait transmettre à son fils. Ils étaient présents tous les deux pour témoigner de la gravité de la situation auprès de l’administration. Il ressort que la protection est difficile à mettre en place quand le troupeau est divisé en plusieurs lots. De même, sur d’autres fermes touchées cette année, les patous n’ont pas pu protéger les animaux…

L’année prochaine, le Cantal sera considéré comme une zone à présence permanente de loups.

Nier le problème pour le résoudre « discrètement », comme l’a voulu la Chambre d’agriculture FDSEA, est une stratégie que paient aujourd’hui les éleveurs. Cela fait plusieurs années plusieurs années que la Conf du Cantal demande que l’on aide les éleveurs à se protéger car les mesures de protections sont autorisées par étape: il faut avoir mis en place des mesures de protection de base pour obtenir de la préfecture une autorisation de tir simple et justifier que l’autorisation de tir simple et insuffisante pour pouvoir demander le tir renforcé (à plusieurs). En attendant les attaques se multiplient, il est urgent que la Préfecture et la Chambre réagissent !

Finalement, la Conf a pointé qu’il n’était pas normal que l’indemnisation des dégâts causés par le loup soit prélevée sur les budgets agricoles : « le loup n’appartient pas aux paysans ; c’est à l’ensemble de la société de payer ».

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