Une ferme qui évolue avec son temps

Sébastien Gardette et son frère Ludovic, installé en avril dernier, poursuivent l’aventure agricole familiale de polyculture-élevage sur la ferme auberge de l’Estre située en pays Billomois.

Cela fait bien quatre générations…

Que la famille Gardette cultive la terre. Aujourd’hui, c’est Sébastien, avec sa mère Gisèle et son frère Ludovic, qui tiennent les rênes de la ferme. Son père, Roger Gardette, cultivait 13 ha quand il s’est installé en 1976. Le cheptel d’alors était composé de volailles, de vaches allaitantes et de moutons. « Ma mère s’est installée en 1989, en développant l’atelier vaches allaitantes ainsi que l’engraissement des porcs et en construisant un bâtiment de poulets label, raconte Sébastien. En revanche, les moutons ont été arrêtés à cette époque. Moi, je me suis installé en 2000 en créant la ferme-auberge et la vente directe. Nous en avons profité pour agrandir un peu le cheptel de vaches allaitantes et acquérir quelques terrains supplémentaires. »

Le Gaec élève désormais un cheptel de 90 vaches allaitantes valorisé en filière longue sous le Label Rouge « Blason Prestige » dédié à la race limousine. Ainsi la conduite du troupeau donne une part importante à l’herbe sur 112 ha de prairies. L’engraissement s’opère à base de fourrages complétés par des céréales et des protéines végétales. En recherche d’autonomie, ils cultivent 15 ha de maïs et 25 ha de céréales en rotation avec du méteil. Les travaux de récolte sont réalisés par la CUMA. La rotation permet de ne jamais laisser le sol nu : « on ressème tout de suite derrière la récolte : les cultures dérobées sont implantées en semis direct. En plus d’être intéressant d’un point de vue économique (moins de travail, moins de traitements et moins de gazole dans le tracteur), cela renforce l’activité biologique ce qui contribue à la gestion durable de la matière organique du sol ». Le labour est ainsi réduit aux périodes de retournement de la prairie pour implanter une partie du maïs. À la ferme auberge de l’Estre, le méteil est composé de triticale, seigle, blé, vesce, avoine et de deux variétés de pois, et dont les semences sont reproduites sur la ferme.

Seul point non résolu est l’apport en protéines pour compléter la ration alimentaire des animaux, qu’ils compensent par l’achat de tourteau de colza.

L’auberge

La ferme compte aussi une activité de restauration avec les produits fermiers. L’auberge, aménagée dans une grange en pisé, est ouverte le week-end midi et soir et s’inscrit dans le réseau Bienvenue à la ferme. Quelques volailles et porcs sont également élevés et transformés sur la ferme pour les besoins de l’auberge, ou pour la vente en directe. Au comptoir, ils proposent terrines et rillettes à emporter.

Les convives apprécieront le spectacle devenu peu courant de la viande cuisinée sur les rôtissoires nichées dans l’âtre de la cheminée.

Pour Sébastien, bien que chronophage, c’est une activité de bonne valorisation, et qui permet de partager et de rencontrer du monde.

La transmission est renforcée par l’installation de Ludovic et l’activité porcine se développe. Le Gaec prévoit d’aménager un ancien poulailler pour en faire un bâtiment d’élevage porcin de plein air. La viande sera valorisée sous le Label Rouge.

De son côté, Sébastien poursuit son investissement à l’extérieur de la ferme en renouvelant sa candidature en tête de liste aux élections de la Chambre d’agriculture.

La Ferme en Bref

Emploi sur la ferme

  • 4,2 UTA
  • Dont 3 personnes en GAEC
  • 1 salarié à temps plein

Parcellaire

  • SAU : 152 ha
  • 100 ha de prairies permanentes
  • 12 ha de prairies temporaires
  • 15 ha de maïs ensilage
  • 25 ha de céréales (méteil)