Que cache l’envolée du prix du beurre ?

Depuis un an, le prix du beurre ne cesse de grimper passant de 3000 € tonne en 2016 à plus de 6000 € aujourd’hui. Cette flambée liée à une demande forte à travers le monde entier vient à créer des pénuries et des problèmes d’approvisionnements.

A contrario, le cours de la poudre stagne toujours à un niveau bas, guère plus haut que le prix d’intervention.
L’Europe en tardant à mettre en place des mesures de réduction de volume au plus fort de la crise a stocké trop tardivement 350 000 t de poudre qui pèse aujourd’hui fortement sur la remontée du prix payé au producteur. MERCI l’Europe pour cette double peine.
Ainsi nos entreprises de transformation, malgré un prix du beurre élevé, s’oriente plutôt sur la transformation du lait en fromage, crème …à bonne valorisation plutôt que sur la fabrication de beurre qui génère de la poudre à très faible valorisation. La pénurie vient surtout de ce phénomène.

Côté prix payé au producteur, la reprise est lente et on assiste à des hausses de 5 € par 5 €/1000L pour redonner espoir aux producteurs.

Mais le prix payé est toujours en dessous de nos coûts de productions.

Alors certes, on va finir 2017, 40 à 50 € au dessus de 2016 mais ce prix est toujours insuffisant pour rémunérer dignement notre travail d’autant plus que bon nombre d’éleveurs ont des stocks fourragers au plus bas lié à une nouvelle sécheresse qui va nécessiter des achats fourragers.

La fragilité du marché est toujours là, restons prudent et vigilants sur les orientations à venir.
On ne peut pas défendre la juste répartition de la valeur et à côté de çà, se remettre à inonder le marché en le déstabilisant et inévitablement tirer les prix vers le bas.

Gardons de la cohérence pour défendre un droit au revenu à tous les paysans.

Pour illustrer, prenons l’exemple de Sodiaal qui fournit le lait à Synutra pour l’usine de poudre de lait de Carhaix. En Septembre, l’usine tournait à moitié de sa capacité car il était plus rentable pour elle de faire du fromage que de faire de la poudre. Très bien mais qui paie les annuités de cette usine de 170 millions d’euros. Quelles répercussions à l’avenir sur le prix payé au producteur?
Guillaume Padet paysan à Civens