Quand la filière laitière devient sujet d’étude

Depuis plusieurs années la commission lait de la conf’ des Savoies envisage de réaliser une étude portant sur la situation de la filière, pour tenter de comprendre, au-delà des idées simples, la situation dans laquelle elle se trouve.

Si le revenu moyen est à un bon niveau en comparaison des autres régions, il n’en demeure pas moins que la restructuration se poursuit et que beaucoup de fermes cessent leur activité, après un départ en retraite ou pour une réorientation de la production. Le nombre d’ateliers de transformations se réduit lui aussi année après année, et l’élan coopératif s’étiole au profit de stratégies individuelles.
Pour tenter d’y voir plus clair et tirer des enseignements utiles à toute la filière pour faire des choix d’avenir, contact a été pris avec l’école d’ingénieurs agronomes « Montpellier Supagro » qui chaque année réalise avec une promotion « système d’élevage » une étude approfondie sur une filière particulière. Soit pour cette année 4 semaines d’enquêtes de terrain et d’analyse des résultats par un groupe de 12 étudiant(e)s et 2 formatrices.
Après discussions entre nous et avec les formatrices, le choix a été fait de se concentrer sur l’AOP Reblochon, et de réaliser les enquêtes par petits groupes dans un rayon d’une heure de route autour du gîte loué pour l’occasion au cœur de la zone. L’ambition était de rencontrer un maximum d’acteurs : Agris de toutes tendances sur des fermes de toutes tailles, en livraison de lait ou en production fermière, plaine et montagne, artisans fromagers et industriels, affineurs, responsables professionnels, syndicat de produits, FDCL…
En parallèle, quelques paysans ont suivi les activités du groupe et l’ont rencontré à 3 reprises, et notre animatrice est restée en lien plus quotidien pour toutes les questions pratiques. L’accueil a été presque partout très bon, et en fin de cession une restitution a été faite en présence d’une vingtaine de personnes invitées pour l’occasion parmi les enquêté(e)s, et les membres de notre commission lait. Les formatrices poursuivront un travail plus approfondi et en tireront un rapport qui servira de base de discussion aux assises du lait que nous prévoyons d’organiser à l’automne.

L’impression générale qui ressort de l’exposé est que les étudiants ont été surpris par le dynamisme de la filière, par l’implication de ses acteurs en son sein, ainsi que par le contexte local très différent de ce qu’ils ont pu rencontrer en Lozère ou dans le Cantal…

Si le niveau de revenu par exemple leur paraît exemplaire, les débats ont fait ressortir que les producteurs avaient surtout pour éléments de comparaison ceux de leurs voisins, souvent frontaliers ou cadres de telle ou telle branche… Et que si l’on ajoute l’astreinte liée à la production laitière, les difficultés de cohabitation liées aux zones péri-urbaines, les problèmes relationnels au sein des fermes et le poids du travail bénévole, le découragement pouvait vite apparaître.
Il nous a semblé manquer aussi de perspectives plus fines quant à l’avenir envisagé suite aux constats effectués, qui arriveront nous l’espérons avec le rapport détaillé. Cette étude a permis un éclairage actualisé d’une partie de la filière laitière et nous a donnée l’occasion de rencontrer les acteurs de la filière. Il reste à analyser plus finement les résultats des étudiants afin de donner des pistes de travail pour l’avenir de la filière Reblochon.