Pour une politique d’installation agricole ambitieuse

L'Agriculture Paysanne :

Le projet de révision des modalités d’attribution de la Dotation Jeune Agriculteur (DJA) nous a été présenté lundi 29 mars dernier au Comité Régional Installation Transmission (CRIT). Malgré nos multiples contributions, le résultat est sans appel : Inacceptable !

Face à nos propositions concrètes pour faire évoluer cet outil au service de la transition agricole, le vice-président chargé de l’agriculture en région, les représentants de la chambre régional d’agriculture, de la FRSEA, et des JA défendent le statu quo irréaliste d’une politique qui n’est jamais parvenue à remplir ses objectifs d’une installation pour un départ. Contre tout bon sens, ils se posent en soutiens jusqu’au-boutistes d’un modèle agro-industriel dépassé, préférant valoriser l’endettement des futurs paysans et renoncer à mieux accompagner les projets en agriculture biologique.

Il est désespérant – et plus désespérant encore en ces temps d’épidémie – de voir se construire sous nos yeux les règles favorables à l’industrialisation de l’agriculture et à la destruction de l’emploi paysan, avec la bienveillance de la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt. Il est choquant que les représentants de l’État fassent semblant de croire que le label haute valeur environnementale, coquille vide emblème du greenwashing, puisse être un élément de la transition écologique de l’agriculture.

Nous ne savons plus si il faut rire ou pleurer de l’autosatisfaction qui règne dans ce cénacle.

A la Confédération Paysanne, nous voulons une meilleure orientation des aides pour les jeunes agriculteurs. Il faut en finir avec des politiques publiques qui consacrent la perte d’emploi agricole et la soumission des paysans aux diktats des industries agro-alimentaires, de la grande distribution, des fabricants de matériels, banques et autres assurances qui prélèvent une dîme sur les travailleurs de la terre.

Nous voulons des installations nombreuses dans notre région et un soutien sans faille à l’agriculture biologique et paysanne. Cela passe par une réelle réforme de la DJA qui favorise les hommes et leurs projets plutôt que l’agrandissement, les investissements et la croissance déraisonnable des capitaux des fermes. Auvergne-Rhône-Alpes : « la région du goût », dispose de moyens financiers et législatifs toujours plus importants, et doit tout mettre en œuvre pour se dégager du statut quo souhaité par une partie de la profession qui a permis la disparition de deux tiers des paysans en trente ans.

Pour un renouvellement des générations, il nous faut une PAC des « hommes » plutôt qu’une PAC des hectares : Trois petites fermes valent mieux qu’une grande !

Contacts :

Thierry Bonnamour, co-porte-parole: 06 19 06 21 65

Xavier Fromont, co-porte-parole : 06 95 82 31 82

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