Ils cheminent vers l’Agriculture Paysanne

Pierre-Marie, 37 ans et son frère Francis, 34 ans ont repris l’exploitation familiale à Saint-Denis de Cabanne. Ils élèvent une soixantaine de vaches allaitantes charolaises et 280 brebis grivettes dans une démarche d’Agriculture Paysanne, recherchant ainsi une plus grande autonomie décisionnelle et financière.

Après avoir été technico-commercial à Actis bovins pendant 12 ans, Pierre-Marie a repris le troupeau de charolaises en 2014. Le GAEC a été créé en 2015 suite à l’installation en ovins de Francis auparavant salarié au G.D.S. du Rhône.

Gagner en autonomie et valoriser sa production

À leurs arrivées, ils ont décidé de conduire leurs 160 ha de prairies naturelles sans phytos et de n’utiliser que du compost comme fertilisant. La ration d’hiver est composée de 65 ha de foin et de 5 ha d’enrubannage. « Même si nous avons été formatés à utiliser des intrants depuis le lycée agricole, notre père était engagé dans une démarche extensive avec les prairies naturelles, très peu de phytos et d’engrais, l’utilisation de l’homéopathie… Les formations que nous avons suivies avec l’Addear et le GIE Zone Verte nous ont bousculé et nous aident à repenser notre manière de travailler » explique Francis.
Les deux frères ont aussi fait le choix de construire des bâtiments tunnels pour loger les deux troupeaux : une option économique qui leur permet d’avoir moins d’emprunt, donc plus de marge de manœuvre en cas de coup dur.
L’élevage est engagé dans plusieurs démarches de qualité : «Charolais Label Rouge», «Agneaux de l’Adret», «Engagement Qualité Carrefour», «C’est qui le patron?» ,«Broutards non OGM» et «AOP Bœuf de Charolles» . Comme l’explique Pierre-Marie : «  Quand on produit ce que le marché demande, on a une meilleure valorisation, plutôt que d’embarquer les broutards pour l’Italie ». Une partie des Grivettes est vendue pour la reproduction. Production exigeante sur le plan technique mais valorisante humainement et financièrement. Depuis peu, ils organisent une vente directe de steaks hachés à la ferme pour garder la valeur ajoutée et avoir un contact direct avec leurs concitoyens.

Pourquoi être paysan à la Confédération Paysanne ?

L’élément déclencheur de l’engagement de Pierre-Marie au sein de la Confédération Paysanne a été la crise de l’élevage en 2016 : « Le discours et les valeurs portés par la Conf’ notamment pendant cette crise nous ont définitivement convaincus d’adhérer ». Comme le souligne aussi son frère, la décision d’interdire l’utilisation des produits phytosanitaires proches des écoles et lieux publics a aussi été déterminante : « Le fait que certains agriculteurs contestent cette décision nous a choqué en tant que citoyens et pères de famille ». Finalement, c’est aussi une vision différente de l’agriculture et du paysan qui les ont attirés à la Confédération Paysanne : « La dérégulation des marchés, à laquelle la Conf’ s’est toujours opposée, a poussé les paysans dans la course à l’agrandissement et à l’investissement, souvent au détriment du revenu et de la qualité de vie. Ces fermes seront très difficiles à transmettre à des jeunes. Dans ses propositions, la Conf’ aborde toujours l’agriculture sous l’angle économique mais aussi social et environnemental ».

La Ferme en Bref

  • 2 UTH
  • 160 ha de prairies naturelles dont 43 en zone humide

Données économiques

  • Primes 80 643 €
  • Taux d’endettement : 28 %
  • EBE 81 298 €
  • Prélèvements privés 47 000 € dont 26 000 € remboursement prêts JA