La ferme « Le pré des dames » : être autonome et au plus proche du consommateur

Patricia Simonin, 47 ans, est maraîchère depuis 2011 à Saint Chamond. S’installer en maraîchage découle de sa volonté de « maîtriser tout le processus de production (des plants jusqu’à la commercialisation) : Cela permet de gagner en autonomie et en souplesse pour le choix des variétés ».

L’importance de s’engager

Patricia adhère à la Confédération Paysanne en 2012 et le projet d’Agriculture Paysanne qu’elle défend lui semble essentiel : « Ce qui m’a marqué c’est la défense des petites fermes et la recherche d’autonomie. On doit rester dans une agriculture à taille humaine ». C’est également indispensable que la Confédération Paysanne soit présente à la Chambre : « Il faut entrer dans les institutions si on veut les faire évoluer ». Elle s’investie également dans divers postes à responsabilités : élue des Verts dans l’opposition du Conseil municipal de la ville et déléguée M.S.A. du canton : « St Chamond est l’une des communes ayant le plus de surfaces agricoles dans la Loire, il est donc important de s’en préoccuper, que cela ne soit pas vu comme de futurs espaces à urbaniser. Les terres agricoles doivent nourrir les gens ! ».

L’importance du contact avec les consommateurs

Avant de s’installer, Patricia a été mère au foyer et salariée agricole. Elle passe un BAC pro agricole « Conduite et gestion d’une entreprise agricole » en 2010. C’est lorsqu’elle rejoint une A.M.A.P. en tant que consommatrice qu’elle se dit qu’être paysanne et en vivre correctement est possible : « Il y a une stabilité dans les ventes et une relation avec les consommateurs qui est sympathique : comme il n’y a pas d’échange d’argent, on a le temps pour dialoguer avec eux, parler recettes, etc ». Les marchés permettent aussi une relation privilégiée avec les consommateurs : « Au bout de 6 ans, voir les mêmes personnes toutes les semaines, cela crée des liens ». Elle est présente sur le marché de St Chamond le samedi matin, livre 2 A.M.A.P. sur St Chamond, Saint Paul en Jarez et le drive « A deux pas de chez nous » à La Talaudière.

Cultiver oui, mais en bio

Lors de son installation, le choix de prendre le label était une évidence : « J’ai travaillé chez des maraîchers labellisés A.B., j’achète bio aussi, donc pour moi c’était une suite logique ». Elle a également fait le choix de la traction animale : « C’était un choix technique au départ (pour éviter le tassement du sol) mais c’est au final très agréable de travailler avec des ânes. Ce sont des moments où il faut être calme sinon ils le ressentent et ça ne marche pas ! ». Travailler sur des buttes, en plus de l’utilisation des ânes, lui permet, entre autres, d’éviter le problème de l’érosion (les buttes sont perpendiculaires à la pente). Patricia envisage aussi de planter quelques arbres fruitiers : « Avoir deux types de productions comporte plusieurs avantages : faire de l’ombre (primordial avec la sécheresse) et diversifier sa production » . Patricia incarne un engagement professionnel sur toute la filière au service du consommateur et des fermes écologiques à taille humaine.

La Ferme en Bref

  • Actifs : 1.5 UTH (dont 0,5 salariée)
  • Une quarantaine d’espèces de légumes
  • 1,2 hectare de légumes dont 900 m2 en serre et un hectare en prairie pour les 2 ânes.
  • Primes PAC : 1 000 €
  • Taux d’endettement : 11 %
  • EBE : 20 648 €
  • Prélèvements privés : 8 200 €