À Chazelles sur Lavieu, un apiculteur paysan / brasseur

Olivier Gachet pratique une Agriculture Biologique pour le maintien des abeilles et la défense des apiculteurs.

Installé en 2007…

Sur une ferme de 3,5 ha avec 200 ruches, Olivier a trouvé un équilibre entre le miel et la bière, des productions complémentaires vendues en circuit court.

Olivier a grandi à Saint-Étienne. Après une maîtrise de géographie en 2000, il achète deux ruches et teste la fabrication de bière, d’abord pour le plaisir et fait plusieurs saisons comme travailleur agricole. Il décide de s’installer progressivement de 2003 à 2007, le temps d’atteindre le seuil qui permet de bénéficier de la Dotation jeunes agriculteurs et un prêt bonifié de 30 000 €.

Recherche d’autonomie et complémentarité

Dès le départ, il recherche une autonomie sur sa ferme, élève des reines pour renouveler les colonies et se sert de la cire d’opercule pour bâtir de nouveaux cadres de ruches : « Au 15 mars je compose mes quatre ruchers selon leur dynamisme, leur force et l’âge de la reine, explique-t-il. En mai, les trois plus beaux ruchers transhument à l’acacia, puis reviennent butiner les fleurs de montagne, les prairies naturelles et les sapins des Monts du Forez ou les châtaigniers en Isère. L’acacia et le sapin sont des miellées très courtes qui ne réussissent pas tous les ans. Le quatrième rucher reste à côté de la maison pour la gelée royale. Début août toutes les ruches sont rapatriées dans le Forez ».

En 2015, après un hiver où 80 % de ses abeilles meurent, il débute la culture d’un hectare d’orge puis investit dans un fermenteur à bière grâce à la trésorerie dégagée par une bonne miellée en 2014. Les brassins commencent mi-septembre, après le retour des ruchers et produisent environ 6 000 litres. Cela apporte un fonds de roulement et soutient l’activité apicole, affectée par les aléas climatiques, les maladies et les pesticides.

Défendre l’apiculture et l’agriculture biologique

En tant qu’apiculteur, il s’engage dans l’Agriculture Biologique : « J’ai galéré au départ, notamment pour éradiquer le varroa, un parasite acarien de la ruche, se souvient Olivier. Aujourd’hui nous avons des pratiques de luttes adaptées mais très techniques ».

Par crainte des intoxications aux pesticides, Olivier n’a pas de contrat de pollinisation. Cette solution bénéficierait pourtant au regard des études qui montrent une augmentation des rendements de 30% pour les paysans. La chambre pourrait se charger de faire le lien entre ces filières. « Aujourd’hui, la demande en sarrasin et autres plantes bio riches en protéines augmente et beaucoup sont mellifères. Ces cultures ne doivent absolument pas être traitées », estime Olivier. Pour lui, la Confédération paysanne est le seul syndicat qui présente un programme cohérent pour défendre l’apiculture : « La Conf’ incarne un mode de vie qui me correspond et j’apprécie l’ouverture d’esprit des adhérents qui m’ont toujours considéré et soutenu comme un paysan. Le syndicat défend l’Agriculture Paysanne contre la perte de biodiversité et les pesticides qui tuent nos abeilles ».

La Ferme en Bref

  • 1,25 UTH (stagiaire en BPREA apicole)
  • 200 ruches, 6 000 litres de bière, 3,5 ha

Production

  • Miel, gelée royale, pollen, propolis, pain d’épice, nougat, hydromel, bière

Commercialisation

  • Marché, 2 Amap/mois, 4 foires/an, dépôt vente en magasin de producteurs et Biocoop et vente à la ferme.

Économie

  • Primes PAC : 0 €
  • Taux d’endettement : 5 %
  • EBE : 40 000 €
  • Prélèvements privés : 12 000 €