Maud Charat, paysanne du cru isérois !

« C’était à la Conf’ et pas ailleurs » : Voici les premiers mots de Maud, quand on lui demande l’origine de son engagement syndical. Découvrons cette paysanne drôle, pleine d’énergie et heureuse d’exercer ce métier, dans ce cadre de vie.

Reprise d’une ferme familiale

Les chèvres et les vaches laitières sont présentes depuis longtemps sur la ferme : Maud a pris la suite de son père et son troupeau en 2004, avec la D.J.A. Ayant toujours su qu’elle élèverait des animaux, elle a passé une maîtrise en élevage bovin lait à Poisy, en Haute-Savoie, avant de se lancer.
En 2006, elle construit la fromagerie et fait son chemin en structure individuelle.
Avec son compagnon Cédric, ils développent un travail en commun pour leurs fermes respectives : ventes sur le même stand au marché, échanges de fourrages…
En 2013, ils décident de fonder un Gaec, et Cédric occupe les bâtiments du second site de la ferme, avec ses 40 vaches allaitantes et quelques porcs, qui finissent notamment en pâté de campagne.
En 2015, ils sont rejoints par Damien, le cousin de Cédric, qui développe l’activité porcine

Activités de la ferme

Actuellement, la ferme vend des fromages lactiques, des colis de viande de bœuf, veaux et porcs et du pâté, à deux marchés situés à 10 km de Saint-Aupre, en direct sur la ferme et à des magasins de producteurs.
Maud, Cédric et Damien sont autonomes à 90% pour l’alimentation de leurs troupeaux, avec 108 ha de prairie permanente et 7 ha de prairies temporaires. Ils produisent 2 ha de blé, 2 ha d’orge, 3 ha de triticale et 5 ha de maïs, et achètent de la paille et des protéines pour compléter les rations.
Voilà une ferme solide, où les associés se rémunèrent 13 200 euros par an, avec la participation aux bénéfices en fonction des années.

Perspectives de développement de la ferme

Maud souhaite augmenter un peu le troupeau caprin et travailler de manière plus fonctionnelle. La construction d’une chèvrerie est donc envisagée-à l’étude, tout comme l’embauche d’un fromager quelques heures par semaine pour rompre un peu la routine.

Les engagements quotidiens

La connaissance du milieu agricole traditionnel de Maud s’explique par ses antécédents mais aussi par son goût pour l’engagement pour le bien commun. Elle a accepté d’être la tête de liste de la Conf’ parce qu’« à un moment, il faut s’engager pour les idées que l’on défend et qu’il faut représenter la Conf’ là où elle peut être écoutée ».
Pour elle, les dossiers prioritaires sont la transmission des fermes et l’accompagnement pour leur autonomie (alimentaire et outil de production). Elle est lucide quant aux contextes actuels politique et syndical : « Il faut adhérer pour être plus nombreux et peser plus lourd face aux mastodontes qui dirigent encore. Personne n’a le temps mais un peu de chacun fédère autour de soi, et ça recharge de sortir un peu de sa ferme ! ».
Choisir Maud comme « tête » de liste parmi nos forces syndicales s’est naturellement imposé et ce choix nous portera au-delà des élections professionnelles !

La Ferme en Bref

Données technico-économiques

  • C.A. annuel par productions :
    • 45000 euros de fromages
    • 3000 euros de chevreaux
    • 90000 euros de viande (en colis ou transformée)
    • 15000 euros de noix (cultivées sur 2 ha)
  • 80000 euros de subventions
  • 134000 euros d’EBE