Ferme du Charnay : Une ferme en perpétuelle recherche d’autonomie

Après sa formation d’ingénieur agronome, Marie devient enseignante en lycée agricole, où elle dispense des cours de gestion à des élèves de BTS ACSE. Après 15 ans de carrière et une expérience solide en matière de gestion, elle décide de quitter l’enseignement agricole pour se lancer dans un nouveau projet professionnel.

Après l’obtention d’une formation qualifiante en Agriculture Biologique, Marie a travaillé trois ans en tant que salariée agricole dans une ferme dans la Nièvre. Cette expérience va lui apporter les compétences techniques et l’aidera à définir son projet d’élevage laitier.

En 2006, elle a bénéficié d’une attribution de la Safer pour acheter une ferme de 17 hectares sur la commune de Vaumas, à l’Est du département. Son objectif premier, être autonome sur les plans décisionnel, économique et financier. Ainsi elle a monté seule son dossier d’installation, entrepris les travaux de défrichement des terres et l’aménagement de la fromagerie.

Après 10 ans d’exercice Marie a su trouver son propre équilibre, elle élève un troupeau de brebis Lacaune et quelques vaches laitières. En transformation laitière, elle produit de la tomme, des fromages et des yaourts. Toute sa production est écoulée en vente directe dans les villages voisins et sur la ferme. Pour le confort de vie et pour la qualité du lait son choix a été de pratiquer la mono- traite sur les brebis une partie de l’année. La ferme est autonome en foin et la pratique du pâturage tournant permet de bien utiliser l’herbe. La ferme de Marie est rentable et relativement peu impactée par la sécheresse.

Réfléchir à la transmission

Depuis le début de l’année, une jeune apprentie travaille sur la ferme, dans le cadre de son BTS PA. Avec l’apprentissage, Marie retrouve l’intérêt de la pédagogie. Elle commence tout doucement à réfléchir à un processus de transmission.

La solidarité une nécessité

La Confédération paysanne a été un appui au tout début de son installation et depuis elle n’en est jamais repartie. « C’est un syndicat dans lequel on rencontre des amis, des paysan.ne.s qui partagent nos valeurs et avec qui on peut échanger nos pratiques sur le plan technique ». Il y a quelques années, entourée d’une équipe de paysans investis, elle a participé à la création de l’association « Solidarité paysans Allier» qui accompagne les agriculteurs en difficulté.

Marie est convaincue qu’aujourd’hui la Conf’ dans l’Allier doit contribuer au changement pour « la reconnaissance d’une agriculture paysanne et être capable d’accompagner une multitude de systèmes.
Il n’y a plus de technicien dans les fermes, il n’y a plus de conseil, il y a du commercial, de la prestation de services (pac) et du contrôle, le rôle d’une chambre serait vraiment d’accompagner les paysans pour retisser du lien et aider pour que le futur soit vivable, un travail en amont et de terrain, çà aiderait peut-être à éviter les burn-out et les difficultés. La formation est un des principaux leviers pour l’agriculture du futur ! Ainsi il faut sortir des logiques de performances techniques pures, d’indicateurs parfois inadaptés, etc… ».
« La bonne grandeur d’une ferme est celle où on s’y sent bien en respectant la terre et les animaux».

La Ferme en Bref

Données économique :

  • C A fromages 60 000€ (80% du CA)
  • Montant des primes : 8 500€ de primes
  • E.B.E : 42 000€

Assolement

  • 20 hectares de prairies permanentes