Relever des défis techniques pour une meilleure qualité de vie

Marc Dumas s’est installé en 1982 sur 17 ha en location avec 22 vaches. Il est passé d’une petite ferme laitière intensive à une ferme technique en bio. Depuis, il s’est engagé dans différents collectifs qui l’ont amené à de nouvelles pratiques pour être plus autonome.

Gagner en autonomie et en souplesse de travail

« Quand j’ai récupéré des terres, plutôt que d’agrandir la stabulation, j’ai fait le choix de cultiver des céréales pour améliorer l’autonomie alimentaire de ma ferme », explique Marc. Le travail sur les rotations et l’implantation de légumineuses permet d’avoir un fourrage plus équilibré.

En 2012, Marc expérimente aussi la monotraite d’avril à fin août dans le but d’améliorer sa qualité de vie sur cette période. Sa production baisse de 23 % mais elle est mieux valorisée avec des TP et TB en hausse de 1,5 points. « Cela nécessite de partir d’un troupeau sain en cellule. J’élève 10 génisses par an et je n’hésite pas à convertir les laitières à problème en vaches nourrices avec un veau », précise Marc.

Privilégier la valeur ajoutée aux volumes

En 2008, la ferme n’est plus endettée, Biolait cherche des producteurs : c’est le moment de franchir le cap. Le passage en bio l’a remotivé. « C’est une autre façon de travailler. Il y a des défis techniques, tant sur les soins vétérinaires en homéopathie, huiles essentielles que sur le lien au sol et les rotations. Le prix du lait bio est plus proche de nos coûts de production et notre métier est mieux considéré. À Biolait, on décide collectivement de baisser notre production de 5 % quand l’offre dépasse trop la demande afin de maintenir un prix du lait correct », ajoute Marc. « La maîtrise de la production laitière, comme on le défend à la Confédération Paysanne, est un levier indispensable pour rémunérer correctement les éleveurs. Nous n’avons jamais cru au mirage de l’export vers la Chine. Nous revendiquons un prix de lait garanti pour un volume par actif. »

Mutualiser et innover en collectif

Ces transitions techniques et économiques ont maturé pendant les formations organisées par l’Addear et le comité de développement. Ces temps d’échange lui ont également permis de rencontrer d’autres paysans : avec six fermes voisines, ils ont monté une banque de travail et s’entraident régulièrement sur différents chantiers.

Marc a également été président de la Cuma : « Elle nous permet d’avoir un bon équipement avec un endettement modéré, pour être plus libre dans nos choix. On y teste aussi des techniques innovantes et on échange sur nos pratiques ».

La ferme de Marc sert aujourd’hui de référence pour l’institut de l’élevage et il reçoit régulièrement les lycées de la région.

Dès son installation, Marc s’est engagé à la Conf’ pour défendre collectivement les petits paysans. Il représente le syndicat à la Safer et à la Chambre d’Agriculture.

À 57 ans son objectif est désormais « de maintenir un outil de travail viable, une ferme à taille humaine avec des équipements amortis mais fonctionnels, à transmettre aux enfants ou à d’autres ».

La Ferme en Bref

  • Marc Dumas, les Gouttes 42. Saint Symphorien de Lay
  • 43,50 ha, dont 23 en prairies naturelles, 12 en prairies temporaires, 6 en céréales et 2,5 en maïs
  • 8 ha de prairies temporaires achetées sur pied

Lait de vache

  • 30 laitières et suite
  • 180 000 L
  • 7000 L / vache

Éléments économiques

  • Primes PAC : 28 400 €
  • Taux d’endettement : 27 %
  • EBE : 57 623 €
  • Prélèvements privés : 24 000 €