Les Reines des Alpes de la Ferme Noires des Cimes

A la rencontre de Charles et Manon, jeunes éleveurs de chèvres et de vaches d’Hérens : petites vaches noires alpines au caractère bien trempé !

Charles et Manon sont deux jeunes paysans qui ont fait le choix de l’agriculture paysanne dès leur installation, il y a maintenant 3 ans.
Charles a suivi une formation agricole. Il s’est vite rendu compte qu’il ne souhaitait pas adopter le modèle qu’on lui enseignait : « toujours plus grand, toujours plus gros ». Manon, elle, a fait des études dans le social, mais les saisons de bergère ont rendu la voie paysanne plus forte et il a fallu peu de temps pour qu’elle suive Charles dans cette belle aventure.

La vache d’Hérens au cœur de la ferme

Après quelques expériences de garde en alpages, Charles décide de se lancer en 2014. Il reprend une partie du troupeau de vaches de ses parents, eux-mêmes reconvertis paysans sur le tard. C’est avec eux et son frère, Valentin, qu’il se découvre une passion pour les vaches d’Hérens, petites vaches noires implantées historiquement dans l’Arc Alpin, plus connues dans le folklore savoyard pour leurs combats impressionnants.

Charles et Manon souhaitent que leur « activité puisse créer plus d’énergie qu’elle n’en consomme » et la vache d’Hérens leur permet de répondre à cette exigence.

D’abord, ce sont des vaches très adaptables. Elles continuent par exemple à produire du lait et se maintiennent en bon conditions sanitaires dans des situations climatiques difficiles comme en montagne, avec une alimentation basée exclusivement sur du pâturage d’avril à novembre (bonne musculature, maintien du poids…).
Le lait des vaches d’Hérens possède une teneur en matière grasse élevée, ce qui permet un très bon rendement fromager (8,5L de lait pour 1 kg de fromage). Leur viande présente les qualités d’une viande persillée. Charles et Manon sont attentifs à la génétique de leur troupeau et à l’aspect « combatif » de leurs vaches. Ainsi, les veaux peuvent être vendus directement à d’autres éleveurs.
Habituellement, les Hérens sont élevées soit pour leur lait, soit leur viande, soit pour le combat. Charles et Manon ont choisi de tirer le meilleur parti de cette race à deux fins en commercialisant du fromage, de la viande et en organisant des combats. Cette valorisation complète leur permet de dégager l’équivalent de deux salaires, au lieu d’un seul s’ils se concentraient sur le lait.

Une ferme au fil des saisons

Les deux troupeaux et leurs bergers transhument chaque année entre Aviernoz (proche d’Annecy), où ils louent un bâtiment pour l’hiver et l’alpage du Mont-Caly, sur la commune des Gets, où ils passent environ 6 mois. Toute l’année, ils traient à la main et transforment directement dans leur salle de fabrication mobile.
En alpage, le pâturage mixte et intégral permet aux deux troupeaux une bonne complémentarité, la valorisation des ressources disponibles et un bon entretien du paysage. Les vaches et les chèvres sont nourries au foin et regain bio, complété, en cas de nécessité, par un mélange fermier bio. La rusticité des troupeaux et l’élevage extensif limitent les problèmes de santé. Lorsqu’ils surviennent, les deux éleveurs se tournent vers des méthodes naturelles.
L’autonomie sur la ferme, financière ou décisionnelle, est un maître mot pour Charles. Le défi initial était de monter leur ferme sans Dotation aux Jeunes Agriculteurs, en investissant à la hauteur de leurs moyens :

« On s’est dit qu’on allait essayer, c’était notre défi ». Aujourd’hui, « On a fait le choix de ne pas sortir de salaire à proprement parler pour pouvoir capitaliser toute l’année, et investir petit à petit ».

Une valorisation militante des produits !

« Transformer, c’est pouvoir assurer une bon lait, en garantissant la qualité aux consommateurs ».

La grande gamme de fromages fabriqués est vendue sous une marque certifiant l’origine du lait d’Hérens : « Tome des Reines » « Fromage des Armaillis » … Et Charles et Manon souhaitent aller plus loin en se dirigeant vers une certification Nature et Progrès en 2018. Ils deviendront ainsi une des rares fermes en production laitière du département suivant ce cahier des charges. Le lien au consommateur est important pour les jeunes paysans, qui proposent notamment des repas à base des produits de la ferme en été. Une occasion de plus pour parler de leur démarche, et de l’importance d’une agriculture paysanne garante de qualité, faisant vivre les paysans et les territoires.

Les voisins et passants peuvent même se servir directement dans le petit frigo devant la ferme « avec un système basée sur la confiance, en libre-service ».

Cette année, Manon et Charles ont fait le choix de s’investir à l’Addear et à la Conf’ de leur département « pour aller plus loin dans notre démarche, et défendre plus largement l’agriculture paysanne et les paysan-e-s ».

Jeunes et motivés, Manon et Charles ont des projets plein la tête notamment pour pérenniser leur système en hiver (achat ou location), vers plus d’autonomie, de bien-être et de qualité !

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La ferme en bref

  • Travail sur la ferme
  • 2 UTH

Activité

Production laitière
  • CL : 5000L
  • VL : 20 000L (3000L/an/vache pour 7 vaches) toute transformée sur la ferme.

Valorisation

Commercialisation
  • 100 % VD
  • 60% prod. dans 4 AMAP / vente directe (alpage ou ferme) / frigo libre-service.
Fromages
  • Chèvre : frais, mi-sec et yahourt
  • Fromages mi chèvre-mi vache
  • Vache : frais, mi-sec, pré-goutté, Tome des Reines (crémeuse) et Fromage des Armaillis…

Éléments économiques

  • Chiffre d’affaire : 45 000€
  • Charges : 18 000 €
  • Primes : 10 à 15 000€ (ICHN, surfaces …)