LAP 9 – septembre 2018

« Santé économique ou santé publique » ?

En 2017, se tenaient les États Généraux de l’Alimentation. De tous ces ateliers sont sortis nombre de contributions qu’elles soient citoyennes, syndicales, associatives. De tous ces ateliers sont ressortis des consensus durement arrachés que nous aurions aimé voir intégrés au projet de loi agricole.

En ce qui me concerne, ma participation s’est résumée à l’atelier 8 intitulé : « Assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation française, dans une économie agroalimentaire mondialisée et dans un contexte de changement climatique, tout en prévenant les contaminations chimiques ».
Ce titre pompeux mettait en exergue plusieurs problématiques dont je ne citerais que les plus importantes : les nanomatériaux, les perturbateurs endocriniens, et les résistances bactériennes aux antibiotiques. Le but de nos réflexions tendait à lier « santé en élevage », qualité de l’alimentation et santé publique. Nous avons essayé d’imaginer à quel point nos pratiques peuvent avoir une incidence sur notre santé, sur celle de nos concitoyens, sur l’avenir de la planète et de l’humanité.

Le plus inquiétant dans ce type d’exercice est de comprendre pourquoi aujourd’hui lorsque l’on parle d’agriculture, on y trouve systématiquement associés les termes « contaminations, pollutions, risques, vulnérabilité… ». Comment est-il possible que cette agriculture soit responsable d’autant de maux ? Comment est-il possible que l’on puisse croire seule responsable cette même agriculture ? Comment est-il possible que notre administration de référence soit appelée « Direction Départementale de la Protection des Populations ? Sommes-nous dangereux ? J’oserais dire sans détour que c’est ce système qui est responsable et à bannir. Mais ce que j’entends par « système » comprend ce business agroalimentaire de production en masse se libérant sans scrupule des obligations de santé publique qui lui incombe. Pour témoignage, de l’oxyde de titane pour des yaourts plus blancs, des antibiotiques dans l’alimentation des bêtes pour favoriser leur croissance, j’en passe et des meilleures qui justifient qu’aujourd’hui rien n’est fait pour garantir aux populations la suffisance alimentaire, la qualité des denrées, la santé des écosystèmes, la santé publique et la juste rémunération des paysans.

Ludovic Landais, paysan à Besse-et-Saint-Anastaise (63)

Sommaire

Conf’Aura

  • Fruits et légumes : des prix minimum d’entrée
  • À nos collègues producteurs de colza

Savoie

  • C.D.O.A. : le vieux monde encore là !
  • Bientôt la Fête de l’Agriculture paysanne !

Haute-Savoie

  • Autoroute Machilly-Thonon : ça bouge sur le terrain !
  • Eau secours !

Dossier

  • Antibio : les bactéries résistent

Loire

  • Le Treuil, le lieu des possibles…
  • Des paysans du Pilat s’adaptent au changement climatique

Puy-de-Dôme

  • La Fête paysanne a battu son plein
  • Les fléaux de l’été caniculaire

Isère

  • L’Agriculture paysanne est viable !
  • S’installer hors D.J.A. : mission impossible ?

Agriculture Paysanne

  • Alimentation et résistances : la clé pour la santé de mon troupeau ?
  • Automne-hiver 2018 : et si on prenait le temps de parler transmission ?

Portrait de ferme

  • Paysans depuis 20 ans : on est heureux !