LAP 6 – Mai 2018

50 ans après, ils/elles commémorent nous on recommence !

Depuis début avril le gouvernement instrumentalise les forces de l’ordre pour vider les habitants de la Z.A.D. de Notre-Dame-des-Landes. Ces gens, depuis dix ans, occupent cette zone sans droit, ni titre hormis celui de zadiste que l’on pourrait définir comme : sans papier dans son propre pays. Grâce à leurs efforts 1650 ha de terre ont été sauvées de l’artificialisation. Au-delà de cet exploit ils ont construit de quoi vivre dignement sur place. C’est à dire, de quoi subvenir à leurs besoins essentiels : se nourrir, se loger, créer du lien entre eux, une sorte de vie de village avec ses complémentarités, ses solidarités, entre paysans, artisans artistes et intellectuels. Vouloir vider la zad de ces habitants c’est vouloir réduire la campagne à une usine de production agricole en interdisant toute possibilité d’échapper à la société de consommation que peut offrir la ruralité. Cette politique d’exploitation économique de la campagne prend ici un visage particulièrement violent. Mais ce processus est à l’œuvre sournoisement un peu partout : ici plus d’école, plus de gare, plus d’hôpital plus de bibliothèque, plus de poste donc plus de bistrot, ni de boulangerie mais là 1000 vaches. Là une autoroute ou une ligne T.G.V. Là, une zone commerciale ou un centre d’enfouissement des déchets radioactifs. Des milliers d’hectares de liberté écrasés par le béton, de la soumission à la tonne par la disparition des services publiques et des droits sociaux au profit des multinationales. Tout ce qu’on appelle développement sert à réduire ou à détruire notre autonomie individuelle ou collective, à nous envelopper dans le filet de la dépendance de façon à restaurer les petites hiérarchies qui pourrissent nos vies. C’est pour ça que les luttes de ce printemps 2018 que ce soit dans la rue, dans les universités, à Amiens pour le 3ème procès des 1000 vaches, ou le 16 juin à Bar le duc, dans la Meuse, contre la poubelle nucléaire sont très importantes et s’inscrivent dans un mouvement plus large : celui des luttes sociales comme en mai 68 ou les paysans ont fait leur part. Ils et elles commémorent, nous on recommencent !

Thierry Bonnamour, paysan à Dullin(73)

Sommaire

Conf’Aura

  • Des bus pour le procès des 1 000 vaches
  • Sans élevage paysan, pas d’agro-écologie
  • Extrait du discours de clôture de l’A.G. de la Conf’ nationale

Savoie

  • Les produits chimiques en cause
  • La Conf’ au lycée

Haute-Savoie

  • Venez nombreux à la fête de la Conf’ !
  • Travail de mémoire

Dossier

  • Quelle politique agricole régionale ?

Loire

Puy-de-Dôme

Isère

  • Sous la pression des contrôles
  • Débat à Beaucroissant

Agriculture Paysanne

Portrait de ferme