LAP 10 – octobre 2018

Le plus biau bestiau…

Comme chaque année a lieu le Sommet de l’élevage à Cournon (63). Vitrine de l’agriculture qui va de l’avant, battante, cet événement est incontournable et nombre de paysan(ne)s y vont, comme beaucoup d’entre nous. Mais derrière les plus belles vaches, les engins agricoles dernier cri (qui chez certains susciteront le goût pour le surendettement et la fin de leur exploitation…), peu de place est faite au malaise croissant des paysan(ne)s.
Entre sécheresse, cours en berne et spéculations sur les fourrages, l’hiver va être difficile pour nombre d’éleveurs. À cela s’ajoute un climat délétère dû à la poussée de la pensée antispéciste et végan, qui creuse le fossé entre ville et campagne. Les attaques contre les élevages industriels sont fondées et beaucoup d’entre nous les soutiennent. Mais elles comportent parfois un manque de discernement qui met l’ensemble des élevages dans le même sac. Nos territoires diversifiés préservent une agriculture paysanne encore riche de ces femmes et de ces hommes et qu’il faut mettre en avant. Les paysan(ne)s font preuve d’innovation sur des projets de proximité et collectifs. Les outils qui sont proposés par l’agro-industrie ne permettent la maîtrise des paysan(ne)s sur la transformation et la juste rémunération de leur travail.
Mais encore beaucoup trop de paysans souffrent en silence. Un nouveau dispositif pour les agriculteurs en difficulté est en train de se mettre en place sous l’égide de l’État et des Chambres d’Agriculture. La montagne va sans doute accoucher d’une souris, comme le dispositif précédent et ceux d’avant. La spirale infernale de baisse des effectifs des paysans s’accélère, du fait de la pyramide des âges mais aussi de l’absence de politique innovante quant à la transmission aux jeunes générations et leur accès au foncier. Là aussi, heureusement la ressource paysanne s’organise et fait ses preuves à travers des initiatives comme Solidarités Paysans qui vient en aide aux agriculteurs en difficultés, ou Terre de Liens avec une gestion collective des questions foncières.
Aussi je déplore le fait qu’un grand événement rassembleur comme le Sommet de l’élevage ne soit qu’affichage, communication sans donner de perspectives concrètes et rassurantes pour le moral et la santé des paysans. On va y voir le plus « biau bestiau », sans se soucier de celui ou celle qui l’élève…

Philippe Larfarge, paysan à Marcenat (03)

Au sommaire de ce numéro

Conf’Aura

  • Pourquoi siéger au Vivea
  • Permis de construire pour les paysans boulangers

Savoie

  • Rencontre avec une réalisatrice engagée
  • Festival de La Biolle

Haute-Savoie

  • BORLY II : belle victoire sur le front de l’urbanisation
  • Quel avenir pour les laits crus ?

Dossier

  • Sommet de l’élevage : la génétique au « sommet » de son art ?

Loire

  • Comprendre un monde de sécheresses ?
  • Évapotranspirations à Andrézieux-Bouthéon

Puy-de-Dôme

  • Foncièrement résolu !
  • Humeur : au Sommet

Isère

  • À quoi sert le bureau ?
  • Installation et formation agricole : activons-nous !

Agriculture Paysanne

  • Un guide biosécurité pour les élevages de volailles en circuit court et en autarcie
  • Se faire accompagner pour redonner toute sa place à l’arbre dans notre agriculture !

Portrait de ferme

  • Le gaec de la grangette, ferme communale en belledone