Cultivateur en double activité : un pari gagnant !

En 1989, Jean-Paul Onzon s’installe à la suite de son père sur vingt hectares. Il produit des semences potagères et céréalières.

Jean-Paul n’a pas cherché à agrandir la ferme. « Quand on s’engage dans la production agricole, à fortiori lorsqu’on s’installe seul, cela signifie passer beaucoup de temps seul. Je voulais aussi voir du monde, et faire autre chose. » Ainsi, il mène sa carrière de paysan avec des responsabilités à la Confédération Paysanne puis maintenant en double-activité.

L’idée de la conversion à l’Agriculture Biologique

est bien ancrée depuis le départ, mais c’est en 2008 qu’il la met en œuvre, lorsque les conditions étaient réunies, mais surtout lorsqu’il s’en ai senti capable :

« Le plus important est sans doute d’être prêt psychologiquement à cette transition ».

Dans le processus, sur ces 35 ha, il revoit entièrement ses pratiques , allonge ses rotations, réintroduit la luzerne…et se tourne vers la commercialisation en vente directe. Il participe également en parallèle au développement de l’Afocg (Association de Formation Collective à la Gestion) dans laquelle il est employé depuis.
Aujourd’hui, il cultive de la lentille qu’il ensache pour la vendre en commerce, de l’orge vendue à la malterie pour l’approvisionnement des brasseries locales, du foin, des céréales et légumineuses aux éleveurs locaux.

Il reste ouvert aux évolutions de sa production car d’autres marchés sont à explorer.

Derrière tout ceci, Jean-Paul a pour objectif d’augmenter la valorisation de sa production, avec en ligne de mire, la transmission de la ferme de telle sorte qu’elle soit viable pour une personne à plein temps.

C’est un mode de fonctionnement qu’il juge épanouissant à tous les niveaux :

  • la relation avec le vivant change. On se remet à faire de l’agronomie, on anticipe et on apprend à composer avec le vivant. Accepter d’avoir une terre « sale » bouscule notre notion d’esthétisme. Pourtant ce lâcher prise procure un bien-être irremplaçable ;
  • la relation avec les pairs, qui n’est plus « compétitive » mais coopérative. C’est-à-dire que l’on réfléchit et que l’on associe nos efforts pour atteindre un but commun.
    Concrètement, cela se traduit par le développement de groupes de travail, tel que celui formé à Bio63, le GAB du Puy de Dôme, autour des cultures (producteurs bio ou non, coopérateur ou non) : on y partage les idées, on échange sur les échecs et les réussites des essais techniques ; de la même manière, Jean-Paul aimerait que la Chambre d’agriculture s’ouvre pour travailler en partenariat avec des organismes ayant les mêmes objectifs, et non pas en concurrence avec elles. Ceci implique de privilégier les aspects sociaux. Une structure quelle qu’elle soit doit toujours en revenir à se demander si ses actions sont au service des personnes ou au contraire de la structure en elle-même.
  • la relation avec les consommateurs : « Quand on se présente à un citadin en lui annonçant qu’on est paysan… en bio, tout de suite il nous accueille avec le sourire. C’est le jour et la nuit ! » Voilà une belle récompense, de quoi en tirer une certaine fierté, c’est cela, à ses yeux le métier de paysan.

Dans ce système, « la sécheresse telle qu’elle s’est produite en 2018 n’est plus le facteur limitant puisqu’on ne fait plus la course aux volumes. Mon rendement moyen est plus bas, mais stable. Comme je double ma valeur ajoutée, je peux vivre de ma production, n’est-ce pas le plus important ? » Finalement il faut réfléchir à ses priorités : produire pour vivre ou vivre pour produire.

La Ferme en Bref

0,6 UTA

Données économiques

  • E.B.E. : 20 à 25 000 €
  • C.A. : 65 000 € primes incluses
  • Double-actif : revenu complémentaire par activité extérieure
  • Primes perçues
    • Prime PAC : 12 400€
    • BIO ; MAEC : 0€