Initiative pour maintenir un service d’abattage de proximité

L’association Abattage des volailles de ferme d’Auvergne a pour objectif d’assurer la continuité de l’activité des établissements Pouzadoux situés à Monteignet sur l’Andelot (03).

Quoi de plus normal qu’une retraite bien méritée après de longues années d’activité ? Il y a un peu plus d’un an, les gérants de l’abattoir annonçaient leur intention de cesser l’activité d’abattage de volailles mais sans repreneur en vue. Un groupe d’une dizaine d’éleveurs – majoritairement en agriculture biologique – étudiait alors la possibilité de reprendre l’activité et décidait de créer dans un premier temps une association tandis que d’autres éleveurs s’orientaient soit vers l’abattage à la ferme, soit vers un arrêt définitif de leur production.

La force du collectif

La force du collectif permet au nouveau groupe d’envisager le maintien de cette activité d’abattage indispensable non seulement pour ses adhérents mais aussi pour les porteurs de projet en cours de réflexion sur les deux départements ainsi que pour tous les particuliers qui amènent, chaque semaine, leurs volailles fermières.
Mais reprise de l’abattoir voulait dire formations aux règles sanitaires, au bien-être animal, élaboration d’un plan de maîtrise sanitaire, obtention du certificat de compétence pour la mise à mort des volailles. Autant d’étapes qui ponctuèrent cette première année tout en assurant, chaque semaine, l’apprentissage de l’abattage sur la chaîne des établissements Pouzadoux.

Un outil au service de tous

Après approbation des rapports d’activités et financiers, les adhérents de l’association ont reconduit les membres du bureau dans leurs fonctions et se sont donnés comme objectif de finir l’étude économique de la reprise de l’abattoir qui pourrait avoir lieu avant l’été.
Tous les éleveurs de volailles du Puy-de-Dôme et de l’Allier ainsi que tous les particuliers désirant faire abattre leurs volailles peuvent contacter M Julien Rieuf – président de l’association – au 06 61 97 94 67.

Contacts Chambre d’agriculture : Martine Falgoux (63) Aude Girou (03) – Groupement bio : Aurélie Crevel (Bio 63)
Jean-Sébastien Gascuel, Paysan à Gerzat (63)

Que fait la Conf’ dans tout ça ?

La Confédération paysanne défend le développement d’abattoirs paysans, via le redéploiement des abattoirs de proximité sur les territoires d’élevage.

Les discussions autour de la loi agricole suite aux États Généraux de l’Alimentation permettent de relancer le débat sur les abattoirs. Début avril, la commission développement durable de l’Assemblée nationale a validé l’adoption de deux amendements sur les abattoirs rédigés par la Conf’ :

  1. Organisation, dans les abattoirs situés dans un même département et dans les départements limitrophes de toute exploitation d’élevage, pour assurer un service d’abattage d’urgence pour les animaux accidentés; Il vise à pallier la disparition de ces services et à la quasi-absence d’abattoirs acceptant de recevoir des carcasses d’animaux non-transportables abattus en ferme ;
  2. Expérimentation pour une durée de quatre ans des abattoirs mobiles et d’assouplissement des normes pour les petits abattoirs non-mobiles. Le règlement européen donne aux abattoirs des objectifs de résultats afin d’assurer la sécurité sanitaire et l’hygiène des processus et équipements d’abattage. En France, cette obligation de résultats a été traduite en obligations de moyens, notamment en termes de configuration, de construction et d’équipement des outils d’abattage.

Il ne s’agit que d’une première étape : ces amendements devront être défendus en commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale en avril, puis en plénière à l’Assemblée nationale en mai, puis seront soumis au Sénat.

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