La maîtrise de l’outil de production

Hugues et Jennifer Moly élèvent des cochons en plein air et des vaches allaitantes à Saint-Baudille-de-la-Tour. Ils déterminent le prix de vente en amont afin d’aligner les objectifs de production derrière.

La production porcine

Leurs 18 truies font en moyenne deux fois 10 porcelets par an, soit 450 porcelets par an. 200 d’entre-eux sont engraissés puis abattus à Chambéry et découpés dans un atelier d’une Biocoop par un salarié de la ferme. Enfin, ils sont transformés sous forme de jambons, pâtés en croûte, terrines et d’autres morceaux sont mis sous vide. 98 % de ces produits sont mis en rayon dans les 10 Biocoop alentours et le reste est vendu aux Voisins de Paniers. Chaque porc abattu représente en moyenne 95 kg de carcasse et 60 % de viande maigre. Les 160 porcelets restants sont vendus à d’autres paysans.

Les vaches allaitantes

Avec 100 bovins en permanence sur la ferme, l’approvisionnement en viande rouge, les revenus et les charges sont maîtrisés. 28 mères charolaises sont mises à la reproduction pour assurer 25 naissances. Le troupeau pâture sur 105 ha dont 70 ha en pension.

Un animal est abattu toutes les deux semaines. Les circuits d’abattage, de découpe, de transformation et de commercialisation sont identiques à ceux des cochons. En plus de la viande au détail, des merguez et des steaks hachés sont également commercialisés.

La recherche continue d’autonomie

Actuellement, toutes les infrastructures sont pensées pour être transportables. En effet, Hugues et Jennifer ne sont pas sereins sur la pérennité du bail rural à 9 ans. D’autre part, ils ne sont pas autonomes dans la production de céréales, de foin pour leurs animaux, et pour la paille.

L’occasion s’est présentée pour eux de pouvoir gagner en indépendance et en autonomie. En effet, un voisin paysan part à la retraite et ses terres vont permettre l’autonomie en céréales pour les cochons. Ce sera l’apport de Jennifer en tant qu’associée pour la création du Gaec.

Un bâtiment de 1 300 m2 sera acheté. Le matériel, le foin et toutes les vaches seront enfin à l’abri.

Ce bâtiment permettra d’accueillir la découpe et la transformation des différents produits de la ferme, ainsi qu’un magasin de producteurs.

Pour assurer la pérennité de la ferme et leur rémunération, Jennifer et Hugues envisagent de passer à cinq cochons tués par semaines. C’est la vente de ce cochon supplémentaire qui permet de financer le projet d’achat et de réhabilitation du bâtiment.

Pour les vaches allaitantes, l’objectif est de passer à un rendement de 400 kg par carcasse au lieu des 340 kg actuels.

Heureux d’être paysans

Hugues et Jennifer sont globalement heureux d’être paysans. Hugues avoue voir loin, et que la concrétisation de ce qu’il imagine ne va pas assez vite !

Sympathisant de la Conf’, Hugues explique que sa philosophie, qu’il retrouve dans le syndicat, est de ne pas être dans l’opposition, mais de construire, d’être dans le « pour », le positif, et de chercher des solutions.

La Ferme en Bref

Économiques

  • 287 000 € de C.A. dont
    • 140 000€ pour l’atelier porc
    • 112 000 € pour l’atelier bovins, et 35 000€ de primes
  • E.B.E. 58 000 € en 2017
  • Rémunération 30000€ par an pour le couple

ETP (jusqu’à fin 2018)

  • 1 ETP paysan (Hugues)
  • 3 ETP salariés (dont Jennifer)

Répartition des terres en fermage

  • 15 ha pour les cochons
  • 10 ha de céréales
  • 15 ha de prairies temporaires
  • 35 ha de prairies permanentes