Grêle : le gouvernement doit financer des aides pour gérer l’urgence et assurer l’avenir des producteurs-trices

Communiqué de presse national du 25 juin 2019

L’état des lieux des dégâts causés par le violent orage de grêle dans la région AURA n’est même pas encore terminé qu’il nous oblige à regarder la réalité en face : des centaines de fermes ont été touchées, avec des pertes dépassant souvent 80 % des récoltes de fruits, légumes, fourrages, grandes cultures, vignes, PPAM, fleurs… Tous les secteurs sont touchés, y compris l’apiculture qui pâtira sévèrement de l’absence de fleurs de châtaigniers en Ardèche. Au-delà de ces pertes de revenus déjà colossales, il est aujourd’hui impossible d’estimer l’impact de cet épisode de grêle sur la prolifération des maladies végétales dans les prochains mois et sur le retour en production des vergers et des vignobles l’année prochaine.

La Confédération paysanne enchaîne les réunions locales, auprès des DDT, des collectivités, des préfectures, des missions d’expert… Mais les dispositifs pour l’instant imaginés ne seront pas à la hauteur de la gravité des événements. L’exonération de la taxe sur le foncier non bâti et les reports d’échéance MSA sont des réponses certes nécessaires, mais nettement insuffisantes. L’assurance si chère à nos institutions est totalement inadaptée à la grande majorité des fermes et encore moins aux fermes diversifiées, à forte valeur ajoutée, qui caractérisent ces territoires. Enfin, les dispositifs de prévention mécanique et de lutte aérienne contre la grêle, comme par exemple en arboriculture, sont si onéreux qu’ils restent l’apanage d’une poignée de producteurs et productrices… Ils se sont même révélés inefficaces dans certaines zones.

Aujourd’hui, le constat est clair : face à l’immense perte de revenus en perspective, de nombreux producteurs et productrices ne pourront pas relever la tête. Suite aux annonces de Didier Guillaume dès le 16 Juin*, la Confédération paysanne demande donc :

– La mise en œuvre immédiate d’une aide d’urgence substantielle pour les paysannes et paysans des zones touchées, accessible à toutes les fermes quelle que soit leur production ou le statut MSA.

– Une aide à la remise en culture pour les deux prochaines saisons afin de permettre à celles et ceux qui ont tout perdu de repartir.

– Que le critère de non atteinte du revenu prévisionnel ne soit pas retenu dans l’étude du respect des engagements DJA pour les paysan-nes bénéficiaires touché-es par cet épisode de grêle.

– La mise en place d’un fonds mutualisé solidaire pour les aléas climatiques, financés par la prochaine PAC : cet épisode de grêle, pourtant réputée assurable pour la quasi-unanimité des productions, montre que les assurances privées ne seront pas la solution pour faire face au changement climatique !

Les actes du Ministère doivent être à la hauteur des promesses, nous en serons les garants !

*« Cette tempête est exceptionnelle et je suis venu ce matin pour me rendre compte des dégâts subis sur vos arbres et vos vignes. L’Etat mobilisera tous les moyens pour qu’aucun agriculteur ne ferme son exploitation suite à ce sinistre climatique ». (Compte Twitter de Didier Guillaume – 16 Juin 2019).

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Communiqués / Presse