Autonomie et vivabilité aux Verpillières

Le Gaec Les Verpillières produit du lait à reblochon à La Muraz, au pied du Salève, à quelques encablures d’Annemasse et de Genève en Haute-Savoie.

Thibaud a 30 ans…

Et il vient de rejoindre le Gaec familial. Jacky et Catherine, les parents de Thibaud, peuvent désormais réfléchir sereinement à leur départ à la retraite, prévu d’ici 5 à 7 ans.

Les vaches laitières du Gaec pâturent 25 ha très escarpés autour de la ferme. Les génisses et les vaches taries se partagent quant à elles, une quinzaine d’hectares, également au relief marqué. Les soixante hectares restants sont réservés à la fenaison.

Ce système herbager permet l’autonomie en fourrage du troupeau. Cependant, les concentrés et la paille doivent être achetés. « Nous aimerions produire nos céréales pour être plus autonomes et cohérents dans notre système » clament les éleveurs. Mais la proximité avec la Suisse a rendu la région très attractive et les quelques terres plates sont aujourd’hui urbanisées.

Investir pour moins de pénibilité

Le bâtiment principal a été construit en 1980 par les parents de Jacky. Le couloir d’alimentation est d’origine et une extension latérale pour la salle de traite en 2 x 6 avec décrochage a été construite en 1995. Les vaches dorment dans deux niches et peuvent se promener dans une cour à ciel ouvert, le tout sur caillebotis. « Même si la cour est une galère quand il gèle, regarder les vaches se faire dorer la pilule au soleil en hiver reste un plaisir ! » raconte Catherine. Un robot a été acheté cette année pour racler toute la surface des bâtiments. Les vaches mangent leur concentré dans les 4 DAC munis de portes mécaniques.

Le fourrage tardif est bottelé par une Entreprise de Travaux Agricoles (ETA) « Pas besoin de conduire, de ranger, de stocker… Il suffit de bien s’y prendre en avance et de s’organiser » explique Thibaud. Le reste du matériel nécessaire est mutualisé en CUMA.

Pour l’installation de Thibaud, le troupeau a augmenté de 5 vaches seulement pour privilégier la qualité de travail et un revenu décent. Pour cela, le nombre d’animaux par travailleur et le taux d’endettement sont surveillés attentivement. Les investissements viennent conforter surtout la qualité du travail : distributrice de fourrage, brosse pour nettoyer les trayons, ou encore nouveau bâtiment pour les génisses contre l’ancienne ferme, où Thibaud pourra aménager son logement.

Le GAEC a vécu des années difficiles après le départ non prévu d’un associé, ce qui a engendré une surcharge de travail importante et un énorme stress pour les associés restants. Heureusement Thibaud s’est installé, et vient donner un nouveau souffle à la ferme, qui devait déjà prévoir le renouvellement de ses associés !

La Ferme en Bref

Données technico-économiques

  • 60 vaches abondances et montbéliardes / 46 génisses
  • 25 % taux de renouvellement
  • 360 000 litres de lait / an
  • SAU : 103 ha en prairies permanentes

Chiffre d’affaire

  • 261 282 € dont primes : 63 581 €

Revenus par actif

  • 14 400€