L’autre visage du monde agricole

Ce n’est pas un scoop, l’agriculture est désormais dans un tiers des cas, une histoire qui sort du cadre familial. Le Gaec du Pré du Puy multiplie les sources de diversification en maraîchage, en quête d’autonomie et de bien-vivre.

Pour le couple formé par Maria Ahrens et Gabriel Fenaille, leur installation est avant tout le fruit d’une démarche : « Après les scandales sanitaires successifs, nous étions d’abord à la recherche de l’auto-suffisance alimentaire pour pouvoir manger sainement. Ensuite pour changer les choses, il faut aller à la source des problèmes et s’y impliquer ».

L’agriculture donc

Citadin d’origine, Gabriel découvre l’agriculture lors d’un grand voyage en Afrique de l’Ouest, qu’il traverse à vélo pendant deux ans et demi. Il y apprend des pratiques agricoles manuelles.
De retour en France, il fait le choix de la voie paysanne et suit une formation à Marmilhat, puis complète son apprentissage par de nombreux stages dans des exploitations en France et en Allemagne. Après deux ans et demi de recherches pour trouver du terrain, il réalise son rêve en 2012 en s’installant à Cébazat sur une exploitation maraîchère de 2,7 ha qu’il convertit à l’Agriculture Biologique. Il aime à penser qu’il est à l’interface de deux mondes, qui ont grand besoin de se rapprocher.
Soucieux de participer à la transition énergétique, Gabriel s’est tout naturellement tourné vers la culture en planches permanentes afin de réduire le travail du sol : « On fait aussi tous nos plants, précise Gabriel. Ces choix apportent son lot de contraintes, et demandent beaucoup d’emplois manuels ».

Formée en gestion et développement durable à Clermont-Ferrand, Maria mène tous les projets de diversification du Pré du Puy.

À commencer par un volet de commercialisation des produits en vente directe à la ferme, la majeure partie des volumes s’écoulant en magasins spécialisés et par des paniers en Amap : « Nous voudrions développer davantage cette vente directe et lui donner un cadre plus confortable et convivial ». C’est pourquoi ils ont investi dans un nouveau bâtiment pour faire d’une pierre deux coups, et développer le volet restauration sur place. Depuis septembre 2018, les clients peuvent venir déjeuner avec une carte qui change chaque semaine, un salon de thé l’après-midi et le samedi, la formule est déclinée en version brunch.
Ils réalisent également des visites pédagogiques pour petits et grands, ce qui les a menés vers un partenariat dès que l’occasion s’est présentée avec l’association Anis Étoilé (animation autour de l’alimentation saine et la biodiversité) basée à la Maison des paysans. Ainsi l’un présente la pépinière et les légumes quand l’autre s’occupe de la faune.
Et ce n’est pas fini, grâce à l’acquisition récente de quatre hectares supplémentaires, le Gaec prévoit d’élargir sa production à l’arboriculture, diversifier encore davantage sa gamme de légumes et tenter quelques expérimentations, pourquoi pas le houblon ? Au long terme, Gabriel imagine même faire de la formation afin de transmettre ce qu’il aura appris.

La Ferme en Bref

  • 6 ETP soit la création d’un emploi/an

Assolement

  • SAU : 7 ha

Activité

  • Prod. : 40 types de légumes pour une 100aine de variétés

Données économiques

  • C.A. : 12 000 € en 2012 ; 120 000€ en 2018
  • Investissements : 300 000€ dont 120 000 € de subventions (issus du FEADER, Région et Département. La part des investissements liée à l’espace de vente a été entièrement pris en charge par le département).
  • Rémunération annuelle par associé : 12 000 €