Dynamique foncière dans le vignoble

Nous constatons une tendance inquiétante à l’agrandissement des exploitations viticoles et à la disparition des petits domaines. L’exemple type de l’année 2018 est la vente (ou revente) du Domaine Bouvet à Fréterive de 37 hectares de vignes.

Il y avait de nombreux espoirs, jeunes, pour la reprise du plus gros vignoble Savoyard…. Au final un seul acheteur, déjà exploitant d’une quarantaine d’hectares, il est l’un des plus gros négociant de Savoie, il rafle la mise après avoir dissuader, par des pressions commerciales, une dizaine de vignerons intéressés pour se partager l’ensemble. La SAFER n’as pas assumé sa mission « d’amélioration des structures foncières du secteur agricole ». Pourquoi ? Par défaillance politique ? Par faiblesse économique ? Résultat : c’est le seul à pouvoir se payer un tel investissement sans le diviser. Donc rien pour des jeunes  qui manquent de surface…

Comment freiner les gros faiseurs, les industriels et autres investisseurs qui ne font que détruire des vignobles par l’envie de spéculer à court terme, sans conscience agricole et environnementale ? La fragilité économique de certains vignerons d’un côté, la recherche de niches fiscales de l’autre pour ceux qui ont trop d’argent engendrent un asservissement d’une partie de la profession, l’agrandissement des exploitations viticoles donc la disparition des petits domaines. On dirait que c’est la course aux 100 ha !

Rares sont les vignerons qui transmettent à des personnes pleines d’envie…

Nombreuses sont les sirènes financières autour des navires de pré-retraité n’ayant pas de repreneur dans leur famille… Quel horizon se prépare, si chaque domaine devient impossible à vendre ou à transmettre, impossible à diviser ? Le rôle de la SAFER n’a jamais été aussi précieux pour les jeunes viticulteurs souhaitant s’installer en Savoie. Encore faut-il qu’elle accomplisse sa mission.
La viticulture est un métier de passion, un rapport entre un sol, une plante et un homme, les trois étant liés, vivants pour donner un vin de plaisir. Il est indispensable de rester proche de ses parcelles pour pouvoir en sortir la plus  belle des qualités tout en prenant en compte son environnement. Pour ceux qui souhaitent suivre cette voie, nous conseillons quand même de se faire connaître auprès de la SAFER. En Parallèle, contacter la Confédération Paysanne qui avec son représentant Safer défendra votre projet et mobilisera son réseau pour votre ambition de devenir vigneron.
L’avenir est à l’authentique, au respect de l’environnement, des hommes : jardine tes vignes et elles te le rendront !