Des augmentations de taxes déconnectées de la réalité

Bien que consciente des efforts importants à faire en terme de diminution de consommation des énergies fossiles, la Confédération paysanne Auvergne-Rhône-Alpes condamne les augmentations brutales du prix des carburants dans une situation où l’argent collecté ne bénéficiera pas à la transition écologique. Sans compter que le kérosène pour les avions et le fuel lourd pour les super tankers restent, eux, non taxés malgré un niveau de pollution bien supérieur au transport routier.

Si la hausse des prix à la pompe s’explique en partie par l’augmentation du prix du pétrole, l’ajout de taxes censées dissuader un peu plus les ménages à utiliser leur véhicule rajoute, par ailleurs, de l’injustice sociale et territoriale particulièrement pour les ruraux et les paysans.

Aujourd’hui la fermeture des écoles, des bureaux de poste, la diminution des services publics, la concentration des emplois dans les villes, la rareté des médecins, l’éloignement des hôpitaux accroissent significativement les distances que les usagers doivent parcourir. Par ailleurs, la dégradation du ferroviaire et le l’entêtement dans des projets autoroutiers dépassés (Lyon-Turin, Contournement Ouest Lyonnais, etc.) incitent à l’usage du véhicule personnel au détriment du développement de moyens collectifs de transport moins polluants et plus cohérents. En effet, nombreux sont les ruraux qui n’ont par d’autre alternative que de prendre leur véhicule quotidiennement. Ceux-là ne pourront pas réduire leur consommation de carburant malgré ces taxes et ne peuvent acquérir de voiture électrique, faute de moyens financiers. Le pouvoir d’achat pour une alimentation saine et de qualité en sera sûrement impacté.

Cette hausse du prix des carburants, y compris le gasoil non routier (G.N.R.), accentue la distorsion de concurrence, déjà mise à mal par les traités de libres échanges − comme le C.E.T.A. − conclus ces dernières années.

Malgré une certaine détaxation des carburants pour les agriculteurs, les trésoreries déjà exsangues à cause de la sécheresse seront encore plus tendues. En définitive, les fermes à taille humaine qui consacrent plus d’heures à l’hectare seront plus impactées que les grosses fermes.

La Confédération paysanne souhaite que s’engage une vaste réflexion sur notre agriculture dévoreuse d’énergie et que toutes les aides agricoles ne soient plus liées à l’hectare ou aux volumes mais aux pratiques vertueuses et à l’emploi paysan, car les paysans du monde sont les premières victimes du réchauffement climatique.

En savoir plus sur l'article

Produit par :
  • 58 rue Raulin
  • 69007 LYON
  • 04 72 41 74 42
  • 07 82 23 51 67
Mots-clés :
Communiqués / Social