De l’herbe pour le Reblochon

Le cahier des charges de l’AOP reblochon évolue. Si le pâturage est obligatoire la règle actuellement en vigueur impose un nombre minimal de 150 jours de pâturage par an avec au moins 50% de la ration composée d’herbe pâturée.

Comme cette règle est difficile à vérifier, il a été proposé au sein du SIR, syndicat interprofessionnel du reblochon, d’en imposer une nouvelle qui serait un minimum de 35 ares effectivement pâturé par vache laitière. Ce chiffre correspond à une moyenne des besoins selon la productivité des prairies pour permettre une alimentation essentiellement à l’herbe. Le Comté, en pleine révision de son cahier des charges, envisage de se donner comme règle 50 ares/VL, mais avec des parcellaires généralement beaucoup plus favorables.

Accroissement vs qualité

Cela semble pertinent pour maintenir un lien fort au sol et de fait limiter les dérives dont l’accroissement sans fin de la taille de certains troupeaux dans un territoire presque entièrement péri urbain. Accroissement qui a pour corolaire le développement de pratiques d’affouragement à l’auge tout au long de la saison, la multiplication des trajets en tracteurs sur les routes, la course aux hectares… Souvent couplé avec de la triche aux quantités de concentrés distribués, avec l’utilisation du robot de traite que le reblochon n’a su interdire dans les faits… En définitive un fort risque de perte de l’identité et de qualité de ce fromage, donc une chute du prix du lait qui serait dramatique pour la quasi-totalité des fermes.

Les orges ont encore faim

Mais la mise en place de cette mesure risque de ne pas aboutir après les pressions des ogres de la filière qui ne veulent pas se voir imposer des règles contraignantes, au profit de calculs compliqués sur la saison de pâturage complète, ou d’autres mesures du même ordre difficiles à vérifier.

Propositions de la Conf’

Nous proposons à la Conf’ de garder cet objectif des 35 ares/VL, qui repose sur du concret, et demandons un état des lieux pour connaître le nombre de fermes qui ne le remplirait pas, en prenant le temps de tenir compte des situations individuelles parfois très compliquées. Ensuite un programme individualisé pourrait se mettre en place afin d’aider ces fermes à améliorer leur ratio de pâturage, donc leur autonomie et leurs résultats. On peut penser à un programme d’échanges parcellaires, à faire installer des boviducs pour pouvoir accéder à un îlot de l’autre côté de la route, à de la traite mobile, à retourner avec les VL en alpage… Mais aussi pour certains, une diminution du cheptel…

Il en va de la crédibilité de notre filière et d’une part de son avenir.
A suivre…