DE GRACE, ARRÊTONS DE STIGMATISER LA PLUIE* !

Pendant que la fine fleur de l’élite politique et économique inaugurait la plus belle gabegie commerciale de ces dernières années avec un énième centre commercial à Saint-Etienne, la Confédération Paysanne Auvergne-Rhône-Alpes invitait à prendre un peu de hauteur à Chalmazel (42) pour parler agriculture paysanne, relocalisation et enjeux climatiques.

Pour notre syndicat, il est aujourd’hui urgent de prendre en compte la sécheresse et le manque d’eau qui impacte le monde paysan mais pas seulement. Notre perspective paysanne est plus globale car nous considérons le changement climatique comme irréversible. Nous devons donc adapter nos systèmes pour imaginer notre territoire dans trente ans. « Par exemple, pour le département de la Loire, on estime qu’il faut repenser le monolithe de la production bovine (laitière et allaitante), en le complétant par un nouvel espace de production de type maraîchage ou arboriculture » explique Nicolas Clair, co-porte-parole du syndicat local. L’objectif que nous nous fixons est de permettre de maintenir un maximum de ferme sur nos territoires et pour cela il est important de repenser la répartition de l’eau entre les fermes. Aujourd’hui les grandes métropoles de la région ont une autonomie alimentaire particulièrement faible. Nous devons être capable de faire évoluer nos productions en particulier en plaine pour gagner en efficacité dans l’utilisation de la ressource en eau. Cette évolution du monde agricole passera nécessairement par la création d’un grand nombre d’emploi dans le secteur agricole, ce qui répond pertinemment aux attentes/aspirations sociétales et ne peut être que bénéfique pour le développement territorial.

Un grand nombre d’agriculteurs.trices sont conscients de cette nécessité et opèrent sur leur ferme des changements, d’autres hésitent et certains ne sont pas près de franchir le pas. Cependant, les changements individuels sont, certes positifs, mais insuffisants. Nous revendiquons la nécessité d’une politique agricole et alimentaire forte et ambitieuse ! « Cette future PAC doit pouvoir plafonner les aides agricoles afin de mieux les répartir sur chaque ferme afin de donner la chance à chacun.e de faire évoluer ses pratiques agricoles. » relève Jean-Yves Douix, administrateur régional. Face au risque de réduction budgétaire, nous réaffirmons que la PAC doit accompagner au mieux tou.te.s les paysan.ne.s vers des systèmes résilients et économiquement viables !

Enfin, cette matinée était aussi l’occasion de faire découvrir la ferme de Michel Barou qui réussit à marier un élevage de vaches laitières certifié biologique et livré à Biolait, avec une production de pommes de terre et l’accueil à la ferme. Nous avons voulu aussi donner la parole à Hubert Dubien, président de l’AOP Fourme de Montbrison. L’occasion de rappeler que l’appellation est en phase de reconquête, en particulier sur un segment de qualité avec la bio. Nous avons pu aborder les difficultés des fermes laitières qui doivent continuer à être soutenues par des filières rémunératrices.

A la Confédération Paysanne, nous considérons que le revenu paysan, la qualité de nos produits et la préservation des ressources naturelles sont des attentes que nous devons continuer à défendre pour les prochains mois !

*Prononcée par Michel Barou lorsqu’un consommateur lui fait remarquer que la météo n’annonce plus de soleil…

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