CRITiquer la méthode, proposer des solutions !

Le projet de révision des modalités d’attribution de la Dotation Jeune Agriculteur (DJA) qui sera présenté ce lundi 29 mars au Comité Régional Installation Transmission (CRIT) n’est absolument pas à la hauteur. La DJA, élément essentiel des politiques publiques pour l’installation pourrait enfin être un outil pertinent pour relever le défi du renouvellement des générations et être à la hauteur des enjeux climatiques et environnementaux… Choisissant d’écarter des discussions préparatoires tous les acteurs importants de la transformation de l’agriculture, notamment la FRAB et l’ARDEAR, maintenant appelés autour de la table pour voter un texte produit de manière unilatérale, le Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes prend le risque que le CRIT passe complètement à côté de son sujet.

Ce lundi 29 mars 2021, comme les années précédentes, le CRIT dont la mission est d’évaluer la politique d’installation régionale et d’en infléchir la direction, fera le constat de mauvais chiffres. Il y a eu encore de nombreux emplois perdus dans l’agriculture, environ 2 %. Cela se traduit, encore, par un agrandissement des fermes et induit un phénomène d’industrialisation de l’agriculture.

Pour faire face aux défis environnementaux, sanitaires et sociaux, parce que l’alimentation bio et paysanne, produite et consommée localement, bonne pour notre santé et bonne pour notre planète, nécessite des paysannes et des paysans nombreux, la Confédération Paysanne veut que les beaux discours des politiques de tout bord se transforment enfin en actes !

Pour que notre profession soit un acteur résolu de changements urgentissimes pour l’avenir, nous entendons défendre 4 principes forts lors de cette réunion :

1/ Soutien clair et sans ambiguïté aux installations en agriculture biologique. La modulation agriculture biologique doit être supérieure et de loin à toutes les autres modulations.

Tel qu’il est pensé aujourd’hui, le label HVE (Haute Valeur environnementale) ne doit pas bénéficier de majoration. Cette labellisation est du pur greenwasching qui ne traite en rien les défis de l’agriculture pour demain. (cf. annexe 1)

2/ Pas de « prime » à l’investissement. Pas de DJA si l’investissement dépasse 640 000€. Le montant moyen de cette aide est de 32 000€ ce qui représente 5 % de 640 000. il nous semble inutile de subventionner un projet à moins de 5 %. il en va de l’utilisation efficace de l’argent public. De même la modulation de la DJA en fonction du montant de l’investissement constitue un encouragement au sur-investissement : elle doit être supprimée.

3/ La DJA accessible jusqu’à 45ans (au moins). Un phénomène prend de l’ampleur : de nombreux candidatures à l’installation se font lors d’une reconversion professionnelle entre 30 et 45 ans. Les politiques publiques doivent s’adapter à cette situation surtout si elles veulent relever le défi du renouvellement des générations. En 2026, 45 % des agriculteurs et agricultrices français.e.s auront atteint l’âge de la retraite1

4/ Pas d’aide publique à l’élevage en claustration. Les crises sanitaires de ces dernières décennies ont été provoquées par des zoonoses dans des élevages industriels d’animaux en claustration. C’est dans ces conditions que les virus ont le plus de capacités à franchir les barrières inter-espèces. Pour respecter le bien-être animal qui est aujourd’hui un véritable sujet de société, pour produire de l’alimentation de qualité, pour arrêter de donner du grain à moudre aux antispécistes, pour avoir un élevage responsable vis à vis des crises sanitaires, programmons une sortie de ce type d’élevage.

Sur ce dernier point la région Auvergne-Rhône-Alpes, la préfecture de Région, la DRAAF, la chambre d’agriculture et FRSEA-JA doivent impérieusement se ressaisir car jusqu’à aujourd’hui ce type élevage à leur faveur et des soutiens concrets financiers et législatifs.

1 Source : conseil Économique Social et Environnemental, avis « Entre transmettre et s’installer : l’avenir de l’agriculture » juin 2020

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