Contrôles sanitaires : faut pas pousser !

La Conf’Isère a fait le choix de soutenir tout agriculteurs-trices contrôlé-es. Elle a également entamé une démarche d’échange avec la DDPP afin d’apporter un peu d’humanité aux contrôles. Petit retour de terrain…

Chez un père et un fils, éleveurs de poules pondeuses bio en intégration, plusieurs chiffonnettes ont positivé lors d’un contrôle salmonelle. S’en est suivi l’application de « mesures de police sanitaire » : arrêt de la vente d’œufs en frais (n’ayant pas positivés au contrôle), contrôle supplémentaire à des fins « d’enquête épidémiologique », « abattage hygiénique » du troupeau contaminé, …

La Conf’Isère est venue au contrôle

Ces deux éleveurs ont demandé à la Conf’Isère du soutien pour le dernier contrôle. Nous sommes deux paysannes à avoir répondu à l’appel. En plus de nous étaient présents l’intégrateur, la vétérinaire d’un cabinet indépendant en charge de l’élevage, le vétérinaire de la DDPP et les deux éleveurs bien sûr. Les premiers échanges ont été tendus, le vétérinaire de la DDPP nous reprochait de venir en masse et de faire pression. Trois « contre » quatre, quel effet de masse ! Nous lui avons rappelé le stress que peut subir un agriculteur lors d’un contrôle. Et nous n’étions là que pour éviter les dérapages oraux pouvant être humiliants et infantilisant. En définitive, notre présence a été positive, les deux éleveurs ont eu le sentiment que les échanges ont été plus respectueux.

L’absurdité des mesures prises

Ce qui est marquant, c’est la culpabilité que l’on fait porter aux éleveurs. Pour rappel la salmonelle peut être transmise par un oiseau faisant une halte dans le parcours ! Et sachez, que malgré la salmonelle, les poules ont tout de même fait plusieurs centaines de kilomètre en camion jusqu’à un « abattoir bénéficiant d’un agrément communautaire »; agrément obligatoire afin de détruire ces poules terroristes. L’humour cynique est de mise face à cette ironie.

Adapter la réglementation

Suite à cela, nous avons rencontré la DDPP afin d’échanger sur le déroulement des contrôles et de témoigner d’une réalité troublante méconnue de leurs services sanitaires. Nous avons un objectif commun, faire en sorte que les contrôles, qui sont nécessaires, se déroulent plus sereinement. Mais il se trouve que nous n’avons pas le même but. Et si leur soucis principal est d’assurer la sécurité sanitaire de la population, peu importe les moyens et les conséquences sur le monde agricole, le nôtre est de survivre à cette normalisation afin de fournir des produits de qualité à cette même population. Un début de solution viendrait de l’adaptation de la réglementation à la diversité des modes de production. De plus, il serait socialement intéressant de se questionner sur l’aseptisation de nos vies.