Comprendre son sol pour le maintenir vivant

Les 19 et 26 septembre derniers, l’Addear de l’Isère proposait une formation sur le sujet « Comprendre son sol pour le maintenir vivant » à Saint-Hilaire-du-Rosier.

Cette formation était animée par Dominique Massenot, conseiller formateur indépendant en agriculture respectueuse de l’environnement. Son activité est centrée sur l’optimisation de la fertilité des sols et la vulgarisation de l’agriculture bio-dynamique.

La méthode Hérody

Sur la question des sols et de leur fertilité, il utilise la méthode Hérody, du nom de son auteur, Yves Hérody, docteur en géologie. Cette méthode vise à comprendre le fonctionnement du sol, pour agir favorablement sur son évolution en adaptant les techniques culturales : chaulage, fertilisation organique et minérale, travail du sol, etc. Le but est de comprendre le sol pour lui permettre de jouer pleinement son rôle et ne pas se contenter de nourrir la plante comme le cela peut être fait avec une approche uniquement agronomique, approche qui ne permet pas de prendre en compte la diversité des sols.

Dominique commence la formation par ces mots « Il ne faut pas vouloir changer son sol, mais apprendre à faire avec ».

L’observation du sol

Après avoir présenté rapidement les grands principes de formation et de fonctionnement d’un sol, il déconstruit un bon nombre d’idées reçues fréquentes quand on parle du sol et de sa fertilisation :

Des lombrics nombreux ne signifient pas systématiquement une bonne structure du sol : même sans vers de terre, les sols peuvent être très grumeleux grâce à d’autres micro-organismes. Il faut un sol qui soit favorable à la vie microbienne.

Un sol riche en humus n’est pas forcément fertile : l’humus est de la matière organique très stable donc peu disponible pour la culture.

Il vaut mieux privilégier des petits apports de matières organiques solubles (riches en sucre et azote rapidement disponibles).

Un sol très noir n’est pas forcément fertile : un sol très noir, à quelques rares exceptions, est riche en matière organique stable qui ne pourra pas être utilisée par les plantes.

Un bon compost n’est pas un compost vieux : un compost vieux est stable et n’a qu’une faible valeur fertilisante, il ne contient plus d’azote et de sucres facilement utilisables par la plante.

Les engrais verts doivent être broyés et incorporés au sol avant d’avoir fleuri : après floraison, leur valeur fertilisante est faible, la plante ayant utilisé toute son énergie pour fleurir.

Écouter la plante

Au final, quelle que soit la méthode que l’on choisit d’appliquer, il faut surtout écouter ce que nous dit la plante, ce que l’on va observer sur le terrain. Un sol peut en effet être riche sur le papier mais cela ne se traduit pas forcément sur le terrain, par exemple il peut arriver qu’une partie des minéraux présents à l’analyse soit en réalité indisponible par la plante, à cause d’un blocage qui reste à comprendre.

Mise en pratique au terrain

Les temps théoriques ont été complétés par une mise en pratique sur le terrain, ce qui nous a permis également de découvrir deux fermes.

Ces deux visites ont permis de mettre en application les principes vus en salle le matin. Dominique a présenté les manipulations simples qui permettent d’évaluer la structure de son sol ainsi que ses caractéristiques principales et a expliqué ce qu’il était possible de mettre en place à partir de cette première approche sommaire.

Si vous souhaitez plus d’informations sur les formations proposées par l’Addear de l’Isère, n’hésitez pas à nous contacter !
Camille Dauriac, animatrice Addear 38