Le cellier des Cray

Adrien Berlioz est situé dans son village de Chignin. Il y est né, il y a grandi et il a choisi d’y vivre. Pour mettre en valeur son terroir, il y fait du vin.

Un domaine à taille humaine

Après son premier hectare et demi de vignes reçu de son père en 2006, cet autodidacte de la vigne a progressivement agrandi son domaine sur lequel il a entrepris un long travail de replantation  notamment avec de vieux cépages voués à l’abandon. Actuellement il travaille sur un domaine de 7 ha disséminés sur une collection de 17 parcelles à Chignin. Sur ces terroirs, la proportion d’éboulis calcaires peut varier d’une parcelle à une autre et offre une diversité idéale à l’expression des cépages. Adrien met donc en valeur chacune de ses parcelles en façonnant 17 cuvées distinctes.

Une viticulture de montagne

Ici, les pentes sont à 50 % avec 8 000 pieds de vigne à l’hectare. Mais les argilo-calcaires et l’exposition parlent dans les vins, alors les sols sont choyés… Ils sont intégralement travaillés pour partie au treuil et pour partie à la main ce qui représente « 700 heures de travail à la pioche » : buttage et débuttage, puis griffage et piochage dans le rang jusqu’au mois de juin où, pour ne pas perturber l’équilibre des sols par un travail excessif, Adrien préfère laisser l’herbe pousser, puis maîtriser sa vigueur par des tontes régulières. Le tiers de la surface dont la pente est inférieure à 30 % est entretenu en une centaine d’heures par un prestataire de service en traction animale. Globalement la taille pratiquée est soit le guyot, soit des conduites courtes telles que gobelet ou éventail.

Une philosophie de vie et de travail

Il aime son métier : « Moi, je suis vigneron, mon plaisir c’est d’être à la vigne ! ». La conversion en 2009 en viticulture biologique ne fut absolument pas une contrainte pour lui. Il la vit avant tout comme une philosophie et sans aucun dogmatisme. Attentif à son environnement, les traitements sont réalisés à l’atomiseur à dos. Bien que dur physiquement et chronophage cette technique réduit presque à zéro les dérives de produits. La qualité de l’épandage lui permet d’être à 2 kg de cuivre/ha/an, ce qui est très faible. Pour la fertilisation, le jeune paysan utilise des bouchons de fumier séché de mouton et teste un amendement organique stimulant l’humification. En complément, il utilise des méthodes de la biodynamie en pulvérisant des préparations à base de silice et de bouse de corne pour stimuler ses vignes.

Des engagements professionnels

Adrien est très investi dans des collectifs agricoles où il a « le plaisir de rencontrer de sympathiques personnes comme à la Conf’ ». Il représente, comme suppléant, le syndicat au comité Safer. Il a surtout des responsabilités liées à la viticulture en étant le président des Pétavins une association de promotion de vignerons biologiques ou biodynamiques de Savoie. Enfin, bien sûr, au sein de son village, où il est vice-président de la CUMA et président du syndicat des vignerons de Chignin.

L’avenir

Deux projets lui tiennent à cœur. L’un est de « planter à Détrier, en Combe de Savoie, pour démontrer que le foncier moins cher peut-être qualitatif  (1 ha Chignin nu : 80 000€ / Détrier : 4 000 €) ». Le second qui a plusieurs objectifs : « Réduire mes surfaces à 5 ha pour garder totalement la main et rester cohérent avec le monde paysan en étant dans les vignes et moins « exploitant ». Cela permettrait également de laisser des vignes pour des jeunes qui souhaitent s’installer. Mais surtout cela me permettra de passer plus de temps en famille avec mes deux enfants et ma femme Nathalie, apicultrice ».

La Ferme en Bref

  • ETP : 1
  • SAU : 7 ha dont 2,5 en bergeron, 1 en altesse, 1,5 en mondeuse, 0,5 en malvoise, 0,5 en douce noire, 0,5 en persan, 0,5 en jacquère.

Commercialisation

  • 60 % en France et 40 % à l’export

Matériel

  • Un caveau, un tracteur et une remorque, un treuil, une bineuse, un pressoir subventionné à 30%
  • CA : 400 000 €

Revenu

  • un SMIC