Le collectif comme source de bien-être

Sophie et Ludovic Landais ont fait naître la ferme « Les bonheurs de Sophie » en 2004 en s’appuyant sar « La grange à Ludo », hébergement dit collectif, comme une auberge espagnole, dans l’idée de mettre cette structure atypique en autosuffisance alimentaire.

Sophie et Ludo se revendiquent…

Comme des « enfants de l’éducation populaire » et feront tout pour donner à leur projet une dimension collective. Ils développent sur la ferme les productions ovine et caprine avec transformation fromagère. Deux vaches, deux truies et quelques volailles viennent en complément pour auto-suffire la table paysanne. Ils intègrent le réseau Accueil Paysan en 2008, profitant de la force de l’association pour promouvoir leur vision de l’agriculture. En 2010, ils entament leur conversion à l’Agriculture Biologique et très vite, ils participent aux formations de Bio63, GAB du Puy-de-Dôme et de la Maison des Paysans, qui les accompagnent dans leur envie de pratiquer des méthodes alternatives dans l’élevage. Fiers de leur ferme, ils ouvrent leur porte aux visites et des dizaines de personnes viennent chaque semaine pendant les vacances ; visites gratuites ayant pour seul objectif de parler de leur travail.

Vingt hectares suffisent à leurs besoins en pâturage et fourrage. Sur les terres, tout comme pour les animaux, on ne pratique que des méthodes alternatives : phytothérapie, aromathérapie, et ostéopathie. Avec humour, Ludo rappelle qu’en bon auvergnat d’adoption, il préfère limiter les charges plutôt que d’augmenter leur chiffre d’affaire. Il leur faut être inventifs, créatifs. Ils récupèrent et transforment tout ! Ici, rien ne s’achète, tout se bricole : le bâtiment, les aménagements, les outils… Ils en arrivent même à fabriquer leur éolienne avec l’aide de l’association Tiéole.

Leurs productions sont destinées en priorité à la table paysanne. Malgré tout, la production de fromages dépasse les besoins de la « Grange à Ludo » et sont vendus sur deux marchés bio. Depuis peu, ils ont participé à la création d’un magasin de producteurs 100 % bio sur la commune de Besse-Sainte-Anastaise, projet porté par une douzaine de fermes.

Sophie se plait à dire « qu’ici, on a un projet nouveau par jour ». Il semblerait que les années à venir soient bien occupées. En vrac, la mise en place de cultures fourragères (choux, radis et betteraves), le développement d’animations « nature », un atelier mécanique collectif…

Voici maintenant près de 20 ans que leur projet a débuté. Pour bilan, Ludo et Sophie ajoutent que « le plus dur dans ces pays ruraux est de ne pas être pris pour des clowns », de réussir à s’intégrer dans le paysage. C’est important de participer à la vie de ces territoires et d’avoir l’opportunité d’apprendre des « gens d’ici », car tant de choses sont à se transmettre. Ces échanges sont nécessaires au développement de l’Agriculture Paysanne. À certains qui leur disent « on ne devient pas paysan, on naît paysan », Ludo et Sophie préfèrent leur répondre « On ne devient pas paysan, on EST paysan ». Pour eux, tout doit passer par le « faire » plutôt que par le « dire ». Cette manière de penser les a menés à la Confédération Paysanne parce que c’est le seul syndicat à leurs yeux capable de donner un avenir à l’agriculture, aux paysages, à l’environnement et à ceux qui y travaillent.

La Ferme en Bref

  • 35 chèvres
  • 30 brebis

L’emploi sur la ferme

  • 2,3 UTA
  • 1 SMIC/personne
  • 2 semaines de congés/an

Cheptel et surface

  • 11 UGB/20 ha

Économique

  • C.A. de la ferme : 45000€
  • C.A. de l’accueil : 20000€
  • 0€ d’emprunts
  • 0€ de subvention